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54. La tyrannie de la majorité

L’idée de personnaliser les soins est excellente. La difficulté est de la mettre en œuvre. Elle était appliquée dans le passé, cela devient de moins en moins  possible dans le présent, on continue cependant à la proclamer partout mais en recommandant l’inverse.

 

Un idéal : être dans la moyenne

C’est au XIXe siècle que l’astronome et statisticien belge Adolphe Quetelet a inventé l’indice de masse corporelle (quotient du poids en kilogrammes par le carré de la taille en mètres) et « l’homme moyen » qui groupe les caractéristiques du plus grand nombre d’individus d’une population. En médecine, il vaut mieux ne pas trop s’en écarter, même si en s’écartant de la norme on se sent parfaitement bien, le médecin cherchera toujours à vous y mettre.

 

L’individu perdu dans la foule

Si la statistique a permis d’introduire les mathématiques en médecine, à la grande satisfaction des savants, elle a aussi conduit à passer de l’individu à la foule. On ne soigne l’individu qu’en fonction de la multitude. Le médecin n’ose plus regarder un patient uniquement en fonction de sa propre expérience mais à travers l’étude d’un grand nombre d’individus effectuée par d’autres. Ce n’est que par l’apport des statistiques et de l’épidémiologie qu’il devra juger de la normalité de son patient, de son risque d’avoir une maladie et du traitement à prescrire. Mais l’épidémiologie cherche en gros ce qu’il faut traiter en détail et passer de la multitude à l’individu n’est pas toujours simple et dénué de danger. « La médecine ne s’applique pas à l’humanité en général mais à chaque individu en particulier » (Henri de Mondeville, chirurgien au XIVe siècle)

 

« La tyrannie de la majorité »

Les recommandations des sociétés savantes ou des agences sont issues des essais thérapeutiques et la plupart des médecins n’osent pas s’y soustraire, elles deviennent alors un obstacle à la personnalisation des soins que l’on conseille par ailleurs pour avoir bonne conscience.

Lorsqu’il a été montré (par les critères de « la médecine par les preuves ») sur le grand nombre qu’un médicament est supérieur à un autre, il est logique d’inciter le médecin à le prescrire, mais rien ne permet d’affirmer pour un malade donné que le médicament « inférieur » ne serait pas supérieur à l’autre ou même que l’absence de traitement (représenté par le placebo dans les essais) ne lui serait pas plus bénéfique.

Tantôt le médecin doit faire prendre aux patients un traitement qui ne leur sert à rien parce qu’il a été démontré qu’il sert au plus grand nombre, l’individu se plie à la majorité. Tantôt il est amené à traiter un grand nombre de malades pour sauver l’un d’eux et pour imposer le fardeau à tous, le médecin suggère à chacun qu'il sera peut-être celui-là. Les plus grandes solidarités sont le plus souvent involontaires et ignorées par ceux que l'on rend solidaires malgré eux.

 

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O
Comme quoi il ne faut jamais généraliser. Tout est affaire de personne. Dr WO
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J
L'humanisme, ah l'humanisme !!! je n'y crois guère et depuis fort longtemps ... dans quelque domaine que ce soit. Mais un peu moins d'automatisme ne serait pas déplaisant non plus, ce que j'en dis de toute façon.<br /> Les ennuis de santé du malade que j'accompagne ne date pas d'hier. Je me souviens être allée à Paris voir un grand ponte de la médecine...J'ai admiré cet homme, en même temps, par sa simplicité et sa grandeur (paradoxal non ?) et, plus particulièrement son attention portée au patient..<br /> Bien sûr qu'il faut vivre avec son temps et s'adapter, j'en ai parfaitement conscience heureusement pour moi...
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O
La médecine se veut science et l'efficacité se fait parfois aux dépens de l'humanisme. Dr WO
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J
Mes excuses pour ce long silence mais je passais plus de temps à l'hôpital qu'à la maison... <br /> Sur ce que vous dites, je demeure pensive.. Ce que vous exposez m'a toujours intriguée et je me suis toujours demandé pourquoi l'on vous étiquetait de cette façon... Je ne sais si j'ai bien compris ce que vous vouliez dire.. mais je pense simplement ceci : il me semble toujours que, dans ces milieux, l'on ne vous identifie pas personnellement... on essaie seulement de<br /> vous incorporez à la masse... Je n'ose pas trop vous en dire plus sur ce que je ressens devant cet état de fait, devant cette impression d'avoir "à rentrer dans le moule".. et ce n'est pas, en ce moment, le défilé d'infirmières à la maison qui me rassure, loin de là...<br /> C'est bien dommage quelquefois de ne pouvoir exprimer : ses angoisses d'une part et surtout ses impression d'autre part... de pouvoir dire, par exemple, lorsque l'on accompagne un malade et un invalide : "j'ai remarqué ceci ou j'ai remarqué cela" et... ce "petit cela" de rien du tout pourrait améliorer le quotidien de la personne en question ...Eh bien non, vous répond-on... ce n'est pas conforme, cela ne rentre pas dans les normes.. chez les autres c'est ainsi ou c'est comme cela... la majorité quoi... et puis j'en passe, je ne voudrais pas vous importuner...<br /> <br /> Bonne soirée à vous et j'espère que les jours qui viennent vont me permettre de revenir plus souvent sur votre blog qui, vous le savez, m'apporte beaucoup de plaisir.
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O
L'erreur fondamentale est de considérer un établissement hospitalier comme une entreprise. Il est évidemment indispensable d'éviter les dépenses inutiles, mais un hôpital ne produit rien, ne vend rien, il est par définition déficitaire et ses "gains" sont puisés dans le budget de l'Assurance maladie, c'est à dire dans le buget de la Nation. Un hôpital qui comblerait son déficit aggraverait celui de la Sécurité Sociale. La mission d'un hôpital est de bien soigner, la "productivité est un non-sens. Dr WO
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K
Tout cela est tragiquement vrai.De plus on demande aux soignants hospitaliers de devenir<br /> productifs,comme si la santé de l'individu devait se monnayer.Plus ça và,plus on marche les jambes en l'air.........<br /> krismalo
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O
C'est en effet l'idéal si le médecin est compétent. Dr WO
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S
Je suis finalement assez satisfaite de mon médecin de campagne qui a soigné ma grand-mère, qui soigne mes parents, moi-même et ma famille. Elle nous connaît bien et prend toujours le temps de nous écouter ! Je vais assez peu la voir en fait et...tant mieux !
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O
C'est en effet une des raisons : la prise en charge personnalisée, mais il est préférable de pas être vraiment malade. Dr WO
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S
Ce n'est pas étonnant que de plus en plus de personnes se tournent vers les médecines dites "différentes". Elles y trouvent une écoute et un intérêt qui sont souvent absents des cabinets médicaux actuellement. Je n'accable pas les médecins mais le système qui veut que cela soit toujours plus rentable.
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O
Si, comme je l'ai dit à Souliko, j'avais dans ce débat à propos de l'article "Objet préventif" l'impression de m'adresser à un mur de certitudes, c'était intéressant, car c'est la première fois que je "converse" avec une croyante absolue qui ne remet en cause aucun des dogmes de l'Eglise, qui ne doute absolument pas. C'est beau la croyance, à faire frémir. Dr WO
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L
J'ai lu le débat que vous avez eu avec "Diane". Je n'ai pu intervenir car elle n'a pas mis de lien. Bien entendu, je partage l'ensemble de vos arguments en faveur du préservatif quoique chasteté et fidélité totales soient des comportements positifs en théorie. MAIS ces deux "vertus" ne protègent pas celui ou celle qui les pratique si son ou sa partenaire n'en fait pas autant. Et donc seuls les saints parfaits qui n'ont jamais péché et ne pècheront jamais peuvent admettre les arguments du pape. A moins que les pécheurs tentés par l'infidélité ... n'utilisent le préservatif. CQFD.<br /> PS: Que faut-il compredre à la bannière que l'on trouve en bas de page?
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O
Une pathologie grave, même si elle bien supportée au début, provoque une anxiété difficile à vivre. Dr WO
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L
Pour le malade, il n'y a pas de maladie. Il y a le bien-être et ses contraires: la douleur, décrépitude, handicap passager ou permanent. Souffrir d'une affection bénigne est pour lui plus préoccupant qu'être atteint d'une pathologie qui ne le gêne pas.
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