Ingres "Odalisque et Esclave"
En I941, le chirurgien et physiologiste d’origine canadienne Charles Huggins découvrit que la castration pouvait faire régresser le cancer de prostate et entraver son évolution. Cette découverte
permit de prolonger la vie de milliers de malades. Mais depuis les années 1970 on dispose de médicaments qui bloquent la sécrétion hormonale des testicules et réalisent ainsi une castration
chimique. Etre castré en gardant ses testicules est un exploit de la médecine moderne dont auraient aimé profiter les eunuques orientaux et les castrats chanteurs, rares survivants d’une
opération d’une grande cruauté, le plus souvent une émasculation : « … on commence par mettre un garrot serré à la base des testicules et de la verge, on coupe le tout avec un
rasoir très aiguisé » (Ibn al Abbas, Xe siècle)[1] . Procédé encore en usage au XIXe siècle, dans un monastère copte égyptien, appliqué aux esclaves amenés du Soudan pour fournir en eunuques les harems du Moyen Orient. A la
même époque les vétérinaires étaient plus humains pour les animaux : Ils se contentaient de provoquer l’atrophie des testicules en écrasant leurs vaisseaux nourriciers avec une pince à
travers la peau ou en les tordant par bistournage.
[1] Cité par R. Küss et W. Gregoir, Histoire illustrée de l’Urologie.