Il s’agit de l’appendice qui peut s’avérer néfaste par sa présence pour chacun d’entre nous et de l’hymen dont l’absence, lors de la nuit de noces, est une source de complications possibles pour des millions de femmes dans le monde.
L’appendice sournois.
Cette élément vermiforme, ne sert à rien et a manifestement été placé dans le ventre par le Créateur ou l’Evolution comme une
grenade goupillée prête à tuer à la première occasion. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’appendicite, appelée typhlite, traitée par saignée, sangsues et lavements était mortelle. C’est un
professeur d’anatomo-pathologie de Harvard, Reginald Heber Fitz qui, dans une fameuse communication à la Boston Medical Society, en 1886, démontra la responsabilité de l'appendicite dans de
nombreux cas de péritonite mortelle et affirma la nécessité de l'opération en urgence. Mais ce qui nous semble aller de soi, mit longtemps à s’imposer. En France, le grand clinicien Dieulafoy,
qui n’avait pu empêcher la mort de Gambetta à cause de la pusillanimité de ses médecins qui refusèrent l’intervention, prit la tête de la croisade pour l’appendicectomie d’urgence. Le
chirurgien new-yorkais McBurney (portrait) reste connu pour avoir donné son nom au point de l’abdomen où les doigts provoquent une douleur en cas d’appendicite. Ce signe à lui seul permet en
général le diagnostic et la décision d’opérer. Mais comme on a reproché aux chirurgiens d’avoir le bistouri trop facile, ceux-ci demandent maintenant confirmation à l’échographiste qui provoque
la douleur en appuyant avec la sonde au même point. McBurney, au paradis des chirurgiens, doit bien s’amuser.
L’hymen hypocrite
L’hymen qui n’est qu’une membrane perforée à l’entrée du vagin ne sert manifestement à rien, sinon à stimuler les fantasmes de certains hommes.
Dans une bonne partie du monde on exige des jeunes filles que leur « hymen saigne à point » lors de la nuit de noces. Dans le cas contraire, le mariage peut être annulé, la femme répudiée et même l’objet de violences de la part de sa famille. L’hymen présent et déchiré est considéré dans ces milieux comme le témoin de la virginité et de la chasteté de la femme que l’homme désire acquérir en tant qu’objet à l’état neuf et non d’occasion et dont il veut prétendre être le premier et l’unique dépositaire.
Or l’hymen est, bien sûr, un faux témoin de la virginité et surtout de la chasteté (son hypocrisie va jusqu'à être suffisamment élastique pour être « complaisant »). Il peut avoir été déchiré lors d’une activité physique ou un traumatisme et même être absent à la naissance. Curieusement, au IIe siècle, à Rome, le célèbre médecin grec Soranus d’Ephèse, le premier grand gynécologue et obstétricien connu, a nié l’existence de l’hymen. Ce qui, compte tenu de ses qualités d’anatomiste et de praticien, « n’a pas manqué de susciter des remarques désobligeantes sur la vertu des jeunes romaines de son époque » (M. Bariéty et Ch. Coury, Histoire de la médecine).
Pour obtenir ce fameux saignement, les femmes orientales utilisaient des méthodes artisanales pour assécher le vagin et fragiliser les muqueuses.
De nos jours, les jeunes femmes issues de familles d’un autre âge, paniquées à la veille de leur
mariage, demandent à des chirurgiens de leur refaire un pucelage comme des vétérinaires peuvent corriger certains défauts d’un chien avant la confirmation. Cette chirurgie plastique a beaucoup de
succès au Moyen-Orient, mais également en France, soit en effectuant peu de temps avant la nuit de noces une hymenorraphie à l’aide d’un fil tracteur résorbable, soit en réalisant une
hymenoplastie par greffe, ce qui exige plus de temps.
Non seulement l’hymen est hypocrite mais également les
hommes qui désirent être « le premier » ou en avoir l’illusion, car ils sont au courant de cette chirurgie plastique et des comportements sexuels alternatifs qui étaient à la portée de
leur future femme (et qu’ils ont probablement pratiqués avec d’autres).
Tableau : Salvador Dali "Jeune vierge auto-sodomisée par les cornes de sa propre chasteté"
Documentation réunie avec la collaboration de Jean Waligora