La mairie de Paris nous offre ces affiches sans doute avec l’argent du contribuable parisien.
Vouloir être achevé ou pas ressort d’une décision personnelle, et la conviction peut d’ailleurs changer dans le temps car on peut très bien vouloir que sa vie soit interrompue lorsque l’on est jeune et en bonne santé, cette perspective paraissant lointaine, et s‘y accrocher quand elle vous échappe.
Chacun en fonction de ses convictions philosophiques ou religieuses a un avis sur la question de la fin de vie, et je trouve ce battage publicitaire déplacé. Il est d’autant plus déplacé à mes yeux de médecin que cette affiche suggère qu’aujourd’hui les soignants laissent mourir leurs patients dans l’indignité, ce qui est une insulte.
Favoriser la mort dans certaines circonstances ne contredit pas l'éthique médicale. Quand les patients en fin de vie souffrent, la loi actuelle permet de les endormir jusqu’à leur mort, les endormir est une façon d’interrompre leur vie. De même provoque-t-on la mort en interrompant les soins d'un patient plongé dans coma prolongé, ce qui est toujours une situation difficile quand il n'y a pas de directives anticipées.
La question est différente quand des personnes veulent interrompre leur vie en pleine conscience estimant que le peu qui leur reste à vivre ne vaut pas la peine d’être vécu et craigne l'état probable qui va précéder la mort. D'autres peuvent estimer que leur vie est devenue intolérable. Dans de tels cas, chacun peut avoir son opinion et reste libre de choisir, mais il est sans doute souhaitable que des possibilités soient ouvertes par une législation car pour l'instant, quand on ne peut pas se suicider soi-même, seuls ceux qui sont fortunés peuvent choisir leur fin dans un pays étranger où le personnel fournira les moyens pharmacologiques de se suicider sans accomplir l'acte lui-même.
Soulignons que l’on constate que la plupart des patients condamnés cherchent plutôt à vivre qu’à mourir, mais bien que sacrée, la vie est toujours mortelle.