Le Sénat examine ce mardi 28 mai un texte, déposé par Les Républicains qui propose de rendre quasi impossibles avant la majorité les transitions médicales du genre. « Il faut pouvoir donner du temps aux mineurs qui se posent des questions » sur leur identité, « pour ne pas accompagner trop tôt certains enfants vers des choses souvent irréversibles » et l’on sait que des patients qui ont subi cette transition trop tôt l’ont regretté par la suite et en ont subi des dommages.
Du point de vue médical ne pas se précipiter chez un adolescent pour l’inonder d’hormones et éventuellement lui faire subir des manipulations chirurgicales définitives parait être une attitude de bon sens, cette prudence est appliquée pour toute pathologie.
Cependant la ministre déléguée à la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a prévenu que le gouvernement s'opposerait « avec force » au texte, transformant ainsi un problème strictement médical en un problème politique, même si des médecins peuvent penser qu’il est licite de toucher aux enfants sur un simple ressenti alors que celui-ci peut être provoqué par un mal-être n’ayant rien à voir avec le genre et même être lié à un effet de mode ou une influence (notamment des réseaux sociaux).
Il n’est pas étonnant que des collectifs et des associations aient lancé un appel à manifester devant le Sénat aujourd’hui, une réaction qui pousse à se demander s’ils n’ont pas plus en tête la volonté de recruter que le souci de la santé des enfants. Ce texte est bien sûr condamné par la gauche dont le progressisme est plus orienté vers les minorités que vers le peuple, et des associations de défense des droits des personnes transgenres qui y voient une « offensive transphobe ». L’écologiste Anne Souyris estime que, « C'est une aberration complète en termes de réalité scientifique et d'accompagnement médical », et son groupe défendra une motion de rejet préalable du texte en ouverture des débats. Cette bonne dame parle de « réalité scientifique » et estime donc qu’un simple ressenti aussi prégnant soit-il est une réalité scientifique. Si le mal-être fait partie de l’observation, où sont les preuves de la détermination erronée du genre par la nature ? Et il n'a rien de transphobe dans cette proposition de loi, puisqu’il s’agit de déterminer le moment opportun pour effectuer la transition et non de l’interdire, et comparer cette prudence aux thérapies de conversion des homosexuels est stupide. La version du texte soumise au vote du Sénat n’interdit même pas la prescription des bloqueurs de puberté aux mineurs mais vise à l'encadrer.
On peut se demander pourquoi autant de polémiques et de manifestations pour des questions qui ne concernent que 1% de la population. Sans doute parce que le sexe et le genre sont des repères primordiaux de l'espèce.
NB Après la rédaction de ce texte, j'ai pris connaissance de celui-ci : "En revanche, au Royaume-Uni, la fermeture du centre à Tavistock /où l'on prescrivait auparavant des bloqueurs de puberté/ laisse près de 5 000 mineurs dans l’attente de soins, selon Le Monde (bloquer la puberté n'est pas un soin). Ce qui a des conséquences pour ces jeunes. L’intérêt des bloqueurs de puberté est de « rajouter un temps de réflexion et de ralentir la croissance », explique Anaïs Perrin-Prevelle (directrice de l’association OUTrans) : « Il peut y avoir de vrais enjeux corporels » pour les mineurs trans qui n’y ont pas accès, car « la puberté va faire son travail et certains éléments du corps peuvent ramener à notre genre d’assignation ». Autrement dit si l'on ne bloque pas la puberté, l'adolescent n'éprouverait peut-être plus le besoin de changer de genre ?! Être ramené au genre d'assignation (comme s'il s'agissait d'une assignation purement aléatoire ou totalement arbitraire) parait une dérive pour cette dame. Mais il est vrai que si le mal-être persiste et que le jeune veut toujours changer de genre, il aura acquis des attributs bien embarrassants.
Illustration : le produit des amours d'Hermès et d'Aphrodite