« Le vote d’un amendement de la loi sur la vigilance sanitaire qui permet aux chefs d’établissement du second degré de connaître le statut vaccinal des élèves a eu lieu à l’issue de débats souvent électriques dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21octobre à l’Assemblée nationale. ». Cet amendement montre que les autorités n’ont aucune confiance dans « l’attestation sur l’honneur » des parents assurant que l’enfant est vacciné. Autrement dit, les parents peuvent rompre le secret médical et révéler que leur enfant est vacciné mais en vérifiant qu’il l’est, le chef d’établissement se livrerait à une seconde rupture de ce secret médical. Il serait plus exact de dire que le contrôle révèlerait peut-être un mensonge familial et un risque pour la collectivité scolaire qui pourrait conduire à la fermeture de classes. Cet amendement a néanmoins provoqué de vives protestations sur les bancs de l’Assemblée, du type : “Une brèche impensable” dans le secret médical, une “violation du secret médical extrêmement grave”, ″Ça ne me paraît pas être le rôle d’un enseignant que de contrôler la situation sanitaire des enfants”. On voit que pour les opposants à l’amendement, la vaccination est une maladie dont la révélation serait scandaleuse, on pourrait croire à les entendre qu’il s’agirait d’une maladie « honteuse ». Mais enfin, la vaccination n’a pas lieu de relever du secret médical. Les gens se font vacciner contre la COVID-19 en public, et quant à dire qu’un chef d’établissement n’a pas à contrôler la situation vaccinale (et non sanitaire comme l’avance le député par un joli amalgame), allez donc mettre un enfant à la crèche ou en primaire sans un carnet vaccinal à jour ! Cependant on pourrait me rétorquer : mais le vaccin anti COVID-19 n’est pas obligatoire. Donc un vaccin fait partie du secret médical dès qu’il est facultatif ? Ce qui veut dire que le secret réside non pas dans le vaccin mais dans son acceptation. Autrement dit, il faut cacher le fait que l’on n’est pas « antivax » ou le fait qu’on l’est en ayant délivré une fausse « attestation sur l’honneur ». Quel enculage de mouche ! Polémique inutile, sans intérêt, le Parlement devrait peut-être se pencher sur des problèmes plus sérieux que celui du secret médical dont il ne reste en réalité qu’un vague souvenir. Il faut tout de même se rendre compte qu’un secret médical pouvait être respecté dans le cadre d’un cabinet médical où les seuls acteurs étaient le malade et le médecin, mais aujourd’hui les intervenants auprès d’un malade lorsque son cas exige des investigations sont multiples, et le « secret médical » partagé par au moins une dizaine de personnes : les autres soignants, les secrétaires, les manipulateurs et même des administratifs qui, certes, restent habituellement discrets, mais faire tout ce bruit autour du secret médical s'agissant de la vaccination frise le ridicule.
AJOUT : Je dois avoir tort. Alors que le gouvernement souhaitait donner aux principaux et proviseurs la possibilité de connaître le statut vaccinal contre la covid-19 des élèves, le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition dans un avis rendu le 9 novembre en considérant qu’elle portait « une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée ». La vaccination fait donc partie de la vie privée, il semble que son intérêt pour la collectivité n'ait pas été pris en considération par les "sages". Et présenter à la douane une attestation de vaccination contre certaines maladies pour se rendre dans certains pays est-elle une atteinte à la vie privée ?