Quand j’étais en activité, je me demandais (et je n’étais pas le seul) à quoi servait l’Ordre des médecins. Pour une cotisation annuelle rondelette, je participais obligatoirement à la récolte des 80 millions € qui tombent chaque année dans les caisses de ce Conseil, celui-ci n’en donne guère, et ceux qu’il donne éventuellement sont rarement pris en compte par le corps médical qui doute de son expertise. J’avais cependant pour récompense l’envoi de ma carte de médecin et du caducée pour ma voiture, justifications indispensables, mais d’un rapport qualité/prix désastreux. J’admettais cependant qu’il fallait bien qu’existât un organisme pour leur délivrance.
Les médias se font l’écho des conclusions de l’enquête de la Cour des comptes qui envisage même de saisir la justice pour les faits constatés révélant un certain désordre financier dans l’Ordre (« faiblesses, voire de dérives préoccupantes ») et une réaction plutôt molle pour sanctionner les entorses à l’éthique médicale et qui n’intervient souvent qu’après les sanctions des tribunaux.
Pour ma part, je sais enfin où va ma contribution annuelle (que je continue à verser mais d’un moindre montant). Si j‘en crois le Canard enchaîné qui rapporte quelques remarques de la Cour des comptes, le Conseil national est « devenu le dispensateur de petites et grandes largesses qui profitent à tous ». Le bénévolat des 54 membres du Conseil national est d’un bon rapport puisqu’ils auraient perçu en 2017 « 2,2 millions d’indemnités et se sont fait rembourser pour 2,6 millions de frais ». Ce qui fait un bon petit paquet pour chacun, en particulier pour les 16 membres du bureau, de quoi arrondir leur retraite, car la plupart ont un âge avancé.
Je n’ai jamais cherché à faire partie de cet organisme en éprouvant pour lui que peu d’intérêt. Mais en matière d’intérêt, je n’y connais vraiment rien.
Illustration : Klimt « Médecine »