25 Septembre 2018
Le plan pour rénover notre système de santé a donc été dévoilé ces jours-ci. J’avoue que l’intitulé de ce plan m’a un peu irrité, sans préjuger de son contenu : « Ma santé 2022 ». Un intitulé qui cède à la mode du possessif imbécile au même titre que les jeans troués ou la barbe de trois jours. On ne met plus une chose à votre disposition mais on vous attribue « ma chose », mon espace, mon compte etc…Evidemment « Ma santé 2022 » ne veut rien dire, on serait bien en peine de la prévoir dans 4 ans, et il ne s’agit pas de ma santé mais de la réforme du système de santé destiné à toute la population. Bien sûr, c’est un procédé de communication pour montrer que ce plan est un cadeau qui m’est fait personnellement et pour lequel je devrais être reconnaissant.
« Ma santé 2022 » rétablit ce qui existait lors de mon activité : hôpitaux de proximité (avec attribution d’un label), et retour de la place qu’avaient auparavant le service et la commission médicale d’établissement dans les hôpitaux. Outre le retour à l’ancien, « Ma santé 2022 » ne contient par rapport aux plans précédents instaurés ou prévus que deux innovations :
D’abord, une réforme des premiers cycles des études des professions de santé avec en particulier la suppression prévue du numerus clausus pour la médecine mis en place par Simone Veil en 1971. Ce plafond limitant le nombre d’étudiants à poursuivre les études avait été instauré avec l’idée, tout de même un peu saugrenue, qu’en limitant l’offre on diminuerait la demande, mais il faut savoir qu’en limitant le nombre de médecins, on ne limite pas pour autant le nombre de malades (le même raisonnement a conduit à supprimer des lits dans les hôpitaux, or un lit vide mais disponible ne coûte rien). La conséquence de ce numerus clausus n’a aucunement limité les dépenses de santé mais a poussé des jeunes gens qui avaient la vocation à faire leurs études à l’étranger, et à encourager des médecins étrangers à s’installer en France. Reste que l’on ne sait pas par quoi remplacer le numerus clausus, et il est envisagé de remplacer le plafond par un plancher.
La seconde innovation est l’introduction auprès des médecins de 4000 assistants médicaux pour les aider et notamment pour les débarrasser des tâches administratives afin qu’ils puissent se consacrer davantage aux malades et augmenter le nombre de consultations (bonjour le stakhanovisme). Là, on doit s’émerveiller de la chose car l’Etat par se plans successifs n’a pas cessé d’augmenter la paperasse à remplir par les médecins et à présent il est amené à créer ces postes (onéreux) d’assistants médicaux pour les aider. Notons tout de même que leur nombre est nettement inférieur au nombre de médecins, à moins de les destiner uniquement aux cabinets de groupe.
Enfin, je sais au moins où va passer une partie des sommes supplémentaires obtenues par l’augmentation du prélèvement par la CSG sur ma retraite. Si c’est pour aider des confrères…