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Manifestement le droit à manifester est devenu depuis quelques années le droit à l’émeute, le droit à casser, le droit à brûler, le droit à voler, le droit à caillasser la police qui ose s’opposer à ces droits durement acquis en « marge » de multiples manifestations. Malgré l’opposition brutale des forces de l’ordre, ces droits se sont exprimés pleinement hier en saccageant des biens publics, dont des mairies, et en pillant les magasins de préférence de luxe, car l’émeutier a du goût et il faut le comprendre car ces magasins n’existent pas dans son quartier. En outre, il ne faut pas oublier le rôle social de l'émeutier dont les actions font totalement oublier le but des manifestations et la teneur des revendications souvent confuses (en dehors de réclamer de l’argent) ce qui évitera au gouvernement d’en tenir compte puisqu’elles sont devenues inaudibles, couvertes par le crépitement des incendies, le fracas des meubles vandalisés, les sirènes des voitures de police et les explosions des grenades ou des mortiers d’artifice. Comme l’a dit Olivier Faure (qui ?) « les casseurs ont perturbé des manifestations puissantes et joyeuses », on nage dans la joie. Mélenchon, lui, creuse toujours bêtement le même sillon en accusant la police et les médias (d’avoir brûlé les mairies ?) après avoir soufflé sur les braises au risque se brûler lui-même.
Ceux qui organisent les manifestations devraient savoir que cela se termine toujours de cette façon et de pire en pire et que leurs revendications passent ainsi au second plan derrière l’écran de fumée des incendies. Quand aura-t-on en France une autre façon de dialoguer sans casser le bien commun dans un pays où la plupart des gens moins malheureux que dans la plupart des autres pays mais qui n’a plus les moyens de jouer à la révolution permanente.
Illustration : incendie de la porte de la mairie de Bordeaux. L'incendiaire exprime sa joie, les autres prennent des photos qui nourriront les réseaux sociaux.