24 Août 2026
En tant que médecin j’ai été formé pour juger d’un bilan de santé, pas d’un bilan politique, mais chacun a le droit de s’y frotter puisque la politique nous concerne tous, même si l’on n’est pas au fait de toutes les données.
En tant qu’homme plutôt raisonnable, le projet d’Emmanuel Macron qui consistait, en principe, à gouverner en prenant le meilleur de la gauche et le meilleur de la droite aurait pu me séduire. Nous approchons de la fin de son deuxième mandat et le résultat est décevant pour ne pas dire pitoyable. Macron va laisser le pays dans un état bien pire qu’au moment de sa prise de pouvoir. Certes, si la pandémie fut une rude épreuve, elle a touché le monde entier, mais son gouvernement a provoqué la crise des « gilets jaunes » dont le pays aurait pu se passer. Certes, la France conserve encore une situation enviable qui la rend attractive pour les habitants des pays en perdition, mais cette force d’attraction en tant qu’Etat de droit et par ses avantages sociaux constitue sa faiblesse en la rendant incapable, comme la plupart des autres pays européens, de contrôler le flux migratoire, cheval de bataille électoral.
Un pays de plus en plus endetté sans pour autant s’être suffisamment équipé pour l’avenir, avec une perte progressive de la confiance des prêteurs qui craignent sans doute qu’un des deux partis extrémistes, qui cachent mal leurs sympathies pour les dictatures, arrive au pouvoir. Macron a, en effet, provoqué une explosion du bipartisme ce qui a favorisé un parti à l’extrême de la droite autour duquel continue à tourner, malgré la « dédiabolisation », un essaim de nazillons, et a entraîné en face l’éclosion d’un parti racialiste, pro-islamiste, violent et antisémite, cocktail à faire exploser la nation. L’un comme l’autre de ces deux partis ne proposant, pour plaire, que de ruiner davantage le pays.
A l’international, Macron a tenté de tenir son rang mais comment être pris au sérieux quand le pays part en quenouille et quand on s’est montré assez stupide pour décider, après l’échec des élections européennes, une dissolution de l’Assemblée des députés qui ne pouvait qu’aggraver la situation en entérinant l’échec précédent.