L’Ancienne France attirait les immigrés par sa façon de vivre, sa beauté, sa langue, sa culture, et de surcroit, par son passé de patrie des Droits de l’Homme qui laissaient à désirer ailleurs. La plupart des immigrés, quelles qu’aient été leur origine (le plus souvent européenne), leur culture ou leur religion, se sont intégrés ou même assimilés au point d’adopter l’histoire de France comme étant la leur et de mourir sur les champs de bataille pour défendre le pays qu’ils avaient adopté, même si parfois les Français, eux, ne les avaient pas toujours initialement adoptés.
La « Nouvelle France » proposée par Mélenchon est celle des communautés ethniques et/ou religieuses, dans le but de constituer une population patchwork un peu sur le modèle anglo-saxon, mais un modèle qui irait plus loin, jusqu’à encourager les descendants des anciens colonisés d’Afrique à coloniser les descendants des anciens colonisateurs blancs ou à les remplacer sur leur terre ancestrale.
L’Ancienne France et la « Nouvelle France » n’ont rien à voir entre elles, l’ancienne avait la volonté d’être « une et indivisible », repoussant les religions dans le privé par sa laïcité, la nouvelle se veut multiple. L’ancienne s’oppose à la guerre civile, la nouvelle en serait le terreau. Pourtant, la France dite « éternelle» et l’utopie électoraliste proposée par Mélenchon ont un point commun : la « judéophobie », improprement désignée par le terme couramment utilisé d’antisémitisme.
La France a toujours été plus ou moins antisémite comme la plupart des autres pays car l’obsession anti-juive sert si souvent de cause ou de dérivatif aux malheurs du monde, comme à sa propre insuffisance, que peu de pays ont échappé à cette hostilité exutoire. Cependant, l’Ancienne France a connu l’affaire Dreyfus et les Juifs du monde entier se sont étonnés qu’un pays ait pu se déchirer pour défendre un capitaine juif, même s’il fut défendu plus pour son innocence qu’en tant que Juif. Après l’extermination de la plus grande partie des Juifs d’Europe pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’antisémitisme était devenu honteux tout en persistant autour de Jean-Marie Le Pen et des anciens collaborateurs du nazisme ou de ceux qui l’auraient volontiers été à l’époque.
Mélenchon, lui, a volontairement donné un caractère manifestement antisémite à sa « Nouvelle France » pour attirer les Musulmans à lui, en faisant rigoler son public d’imbéciles avec un répertoire de vieux stéréotypes anti-juifs utilisés par les nazis, jusqu’à évoquer l’increvable « peuple déicide », accusation sans fondement que le Vatican a fini lui-même par effacer. Si Mélenchon refuse contre toute évidence le label d’antisémite en préférant celui d’anti-sioniste, label très en vogue et facilement admis depuis les dérives du gouvernement israélien actuel, l’anti-sionisme signifie ni plus ni moins que la disparition de l’Etat d’Israël et de ses 10 millions d’habitants.
Il ne reste plus qu’à espérer que la « Nouvelle France » ne soit qu’un slogan électoraliste d’un agitateur anti-France qui laissera derrière lui plus de haine que de bien et qui fut dans sa jeunesse un admirateur du Juif Léon Trotski.