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S’il y a un spectacle qui m’a toujours paru sans intérêt c’est celui de l’Eurovision. On constate le plus souvent que les chansons ne durent que le temps de l’Eurovision et que leurs interprètes font rarement une carrière notable après leur fugace triomphe. L’Eurovision est un vaste cirque qui donne l’occasion de faire de la politique avec un retentissement mondial et à peu de frais, c’est en quelque sorte une forme music-hall de l’ONU. Les interprètes peuvent chanter ce qu’ils veulent, ce qui compte est le pays d’où ils viennent. Le droit moral d’un pays d’y être représenté est discuté pendant les semaines qui précèdent l’évènement et cela donne l’opportunité à des manifestants de crier leur haine du pays honni et à des pays de manifester leur réprobation en ne voulant pas y participer parce qu’un autre y participe. C’est en quelque sorte une diplomatie de la chansonnette et l’occasion pour un pays de prendre position sans le moindre coût en permettant à son dirigeant qui a pris la décision courageuse de ne pas y chanter, de bomber le torse en affirmant ses convictions à bon compte sous la forme d’une action sans risque et en le faisant savoir, ce qui peut lui donner quelques points dans les sondages.