554. La mort de Raphaël
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A voir son autoportrait, le peintre Raphaël (Raffaello Sanzio da Urbano) était plutôt joli garçon, admiré par les amateurs de peinture et par les femmes. Il est mort en pleine gloire à Rome le 6 avril 1520 à l’âge de 37 ans. Cette mort prématurée a donné lieu à toutes les rumeurs jusqu’à l’hypothèse d’un « épuisement sexuel » car c’est après l’une de ses aventures amoureuses que le « divin Raphaël » fut atteint d’une fièvre qui l’emporta, aidée par les saignées qu’on lui infligea, traitement qui provoquait plus de morts que de guérisons puisqu’on alla jusqu’à saigner des patients dont l’état nécessitait plutôt une transfusion.
Son cadavre fut « enterré » dans un mur du Panthéon de Rome puis ses ossements exhumés sur ordre du pape Grégoire XVI en 1833 et les reliques furent dispersées dans toute l’Europe (un diplomate russe aurait même obtenu un morceau du cœur qui s’est perdu dans la vaste Russie) et le peintre Ingres, pourtant absent lors de l’ouverture du tombeau, récupéra des fragments d’os de Raphaël, le reliquaire étant dans sa ville natale de Montauban. C’est dans la moelle osseuse d’un fragment de côte que fut retrouvé l’agent bactérien probablement responsable d’une septicémie à l’origine du décès de Raphaël, il s’agit d’un certain Nocardia niigatensis, que je ne connais pas et qui ne fait guère parler de lui aujourd’hui.
Source : Article de Philippe Charlier et Florence Viguier-Dutheil dans la Revue du Praticien de mars 2026.