2 Mars 2026
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A gauche, le tueur souriant de centaines de milliers d’êtres humains sur des mois, à droite un tueur de dizaines de milliers d’êtres humains sur des jours. Sur cette photo, ils se félicitent mutuellement de leurs exploits. On comprend que Poutine, toujours bien vivant, soit bouleversé par la disparition du Guide suprême avec lequel il entretenait une amicale compétition jusqu’à se fournir l’un l’autre des instruments pour satisfaire leur commune passion.
Poutine a qualifié la mort de Khamenei de "meurtre commis en violation cynique de toutes les normes de la morale humaine et du droit international". De la part d’un monsieur qui assassine tous ses opposants politiques et déclenche des guerres, parler de morale humaine et de droit international, il faut le faire. On se demande où est le cynisme. Poutine, en connaisseur, avait beaucoup d’estime pour le boucher suprême : "Dans notre pays, l'ayatollah Khamenei restera dans les mémoires comme un homme d'État exceptionnel qui a apporté une contribution personnelle considérable au développement des relations amicales russo-iraniennes, les amenant au niveau d'un partenariat stratégique global". Un partenariat en matière de fournitures et de procédés d’assassinats collectifs.
Le ministère russe des affaires étrangères avait auparavant vivement condamné l'opération militaire conjointe des Etats-Unis et d’Israël qui "se couvrent d'un souci imaginaire d'empêcher les Iraniens de se doter d'armes nucléaires", en la qualifiant « d’acte d'agression armée planifié et non provoqué contre un État souverain et indépendant, membre des Nations unies, en violation des principes fondamentaux et des normes du droit international ». Ce brave homme, pourtant bien placé, n’est pas au courant que l’Iran provoque des troubles à l’extérieur de son territoire, il ignore qu’il se livre à une course à l’arme nucléaire et il doit avoir un trou de mémoire concernant l’Ukraine en matière de droit international.
Comme quoi la tragédie peut avoir un côté drolatique.