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Ce titre était trop tentant. S’exprimant devant la presse régionale, le malheureux Macron, qui devrait tourner 7 fois sa langue dans la bouche avant de parler - ce qui risquerait malheureusement de prolonger son discours - a évoqué le souhait qu’un organisme, en précisant bien que celui-ci devrait être indépendant, notamment du gouvernement, puisse certifier qu’un média délivre au public des informations vérifiées et en respectant la déontologie du métier journalistique. Une proposition en réaction aux nombreuses informations fausses, parfois venues de l’étranger, qui circulent notamment sur internet.
Le chef de l’Etat fut immédiatement mis en pièces, accusé de dérive totalitaire, et transformé en dictateur voulant contrôler l’information, accusation souvent portée, paradoxalement, par ceux qui ont eu ou qui ont encore des sympathies pour des dictateurs d’autres pays où il n’existe qu’une seule source d’information : l’Etat. Certains d’entre eux ayant même exprimé l’intention de contrôler l’information et la culture par le biais des subventions s’ils arrivaient au pouvoir, l'un allant même jusqu'à dire qu'ils ne subventionneraient que les films qui ont du succès.
Remarquons que tous les médias et les journalistes qui ont crié à la dérive totalitaire en rapportant les propos de Macron n’auraient pas eu le label proposé par celui-ci car ils ont transformé volontairement son discours pour pouvoir crier au loup et se sont donc révélés malhonnêtes.
Reste que l’idée de cette certification est saugrenue. Aucun organisme dit indépendant est totalement objectif, aucun ne peut connaître à coup sûr la vérité, et une vérité admise aujourd’hui peut se révéler fausse demain et inversement.
C’est au lecteur de juger de la fiabilité d’un média en croisant les informations de plusieurs sources ou en jugeant a posteriori de la confiance qu’il peut accorder à un informateur. Mais trop souvent, nous allons chercher l’information là où elle a toutes les chances de conforter notre opinion. C’est ainsi que ceux qui sont radicalement opposés à Macron iront plus volontiers chercher l’information dans les médias qui l’accuse de dérive dictatoriale plutôt que dans ceux qui ont rapporté l’intégralité de ses propos où il se gardait bien, mais en vain, de vouloir contrôler l’information.
Illustration : Gladiateur et fauves