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Le récent défilé militaire chinois massif fut impressionnant. Non pas tant par le matériel de mort que l’armée chinoise fit rouler devant les autocrates réunis pour l’occasion, que par l’immense ballet des êtres humains costumés et armés, animés de mouvements parfaitement réglés comme des mécaniques. La perfection du mécanisme faisant perdre son humanité à chaque minuscule pièce du rouage en le transformant en objet-marionnette, manipulable, jetable et remplaçable après usure ou détérioration. Effrayant de voir cette mécanique fabriquée de chair enrobée d’uniformes impeccables, et qui n’est conçue que pour briser et être brisée.
Donald Trump a probablement été piqué au vif de voir ce spectacle d’une puissance apparente étalée par son adversaire. Pour sa part, il compte ajouter au nom de « ministère de la Défense » celui de « ministère de la Guerre », destiné à être le nom définitif, c’était d’ailleurs le nom de ce département jusqu’en 1947. Ce qui est intéressant dans ce changement de nom, ce sont les justifications apportées : « Le président estime que ce ministère devrait porter un nom qui reflète sa puissance sans égale et sa capacité à protéger les intérêts nationaux », il s’agit de faire régner « la paix par la force » et de veiller à ce que « le monde respecte à nouveau les États-Unis », « Tout le monde apprécie le fait que nous ayons connu une incroyable série de victoires lorsque nous étions le Département de la Guerre », avait déclaré Donald Trump face à la presse le 25 août « Puis nous sommes devenus le Département de la Défense... », ce qui expliquerait en quelque sorte les défaites subies. Quant à Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, il a déclaré : « Nous avons gagné la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale, non pas grâce au ministère de la Défense, mais grâce au ministère de la Guerre ».
Personne ne doute de la puissance américaine, mais ces déclarations sur le nouveau nom font de celui-ci un terme qui s’apparente à une parole performative : il faut que le ministère soit de la guerre pour vaincre dans un conflit, si on continue à nommer ce département ministère de la défense, on risque d’être vaincu. « Au début était le verbe », à la fin aussi.