Dans mon billet : « 154. Histoire de fesses » j’avais rapporté une étude fort sérieuse de l’université d’Oxford qui tendait à montrer, en étudiant 16000 femmes, que celles qui ont le postérieur le plus rebondi seraient à la fois en meilleur santé et plus intelligentes, si tant est que l’intelligence puisse être mesurée par le QI. Du Q au QI, il fallait y penser.
En fait, les fesses rebondies (mais avec une taille mince) seraient avant tout un indice de bonne santé chez les femmes et c’est elle qui serait à l’origine d’un QI plus élevé. Cette meilleure santé serait due à la répartition des graisses. Les graisses contenues dans les fesses, comme dans les hanches auraient tendance à stocker plus d’Oméga-3, acides gras considérés comme bénéfiques, et à relâcher moins de cytokines[1].
Et cette étude allait même plus loin en suggérant que les enfants nés d’une mère aux hanches et aux fesses généreuses seraient plus intelligents que ceux nés d’une femme plus mince
Et voilà que l’étude britannique vient d’être confirmée pour ce qui concerne la descendance par une très sérieuse étude américaine de l'Université de Pittsburgh qui révèle que les graisses qui font les formes généreuses des femmes sont directement acheminées vers le cerveau du bébé lors de l'allaitement et participent à sa construction !
"La graisse des fesses est un dépôt prévu pour le développement cérébral de l'enfant", explique le Professeur Will Lassek, épidémiologiste et auteur principal de l'étude. "Il faut beaucoup de graisse pour constituer un système nerveux, et celles contenues dans les fesses et les hanches des femmes sont enrichies en DHA (acide docosahexaénoïque), un composant important du cerveau humain. C'est comme si les femmes avaient évolué de façon à accumuler ces graisses et à les conserver jusqu'à l'arrivée d'un bébé."
Pendant l’évolution, le cerveau humain est en effet passé d'un volume de 400 ml à 1 200 ml, ce qui expliquerait le stockage de plus en plus important de graisses chez la femme.
La raison de la présence d'autant de graisses chez la femme (30% de leur poids total contre 10% chez l'homme) a longtemps été un mystère, mais cette explication pourrait bien éclaircir les choses. "C'est un taux de graisses similaire à celui observé chez les ours lorsqu'ils hibernent ou chez les baleines qui vivent dans les eaux glaciales arctiques", ajoute le chercheur, en spécifiant que cette masse graisseuse est en partie perdue durant l'allaitement (en moyenne 500 gr par mois), puisque l'enfant en tire profit.
Selon David Bainbridge, biologiste de la reproduction à l'Université de Cambridge, ces résultats expliqueraient aussi pourquoi les hommes se tournent souvent vers les femmes aux courbes généreuses : ils y verraient indirectement la possibilité d'une descendance viable et intelligente. [Source : Topsante.com]
Tout ce raisonnement est intéressant (et peut-être est-il exact) mais il ressemble un peu au sketch où à chaque question il est répondu : « c’est étudié pour ». Je me permettrais de soulever prudemment quelques questions :
Dire que les femmes qui ont les fesses rebondies sont plus intelligentes parce qu’elles sont en meilleure santé, n’est-ce pas établir une corrélation bien fragile entre la santé et l’intelligence ?
Le cerveau humain ayant triplé pendant l’évolution peut-on en déduire que le volume des fesses féminines a également triplé pendant la même période ?
Peut-on vraiment affirmer que les enfants élevés au biberon et qui ne disposent pas des graisses fessières de leur mère sont plus bêtes que ceux élevés au sein ?
Les femmes qui allaitent ont-elles les fesses qui deviennent plus plates que celles qui n’allaitent pas ?
Qu’adviendra-t-il de l’humanité si la mode actuelle de la minceur se perpétue au point de remplacer les fesses féminines en forme de double ballon de football en un postérieur en double balle de tennis ?
Gustave Courbet : « La source »
[1] Secrétées par les cellules lorsqu’elles sont stimulées. Elles sont impliquées dans la régulation des fonctions immunitaires.