Depuis l’apparition de la e-cigarette (inhalateur électronique de nicotine), le nombre d’amateurs augmente sans cesse, les magasins spécialisés fleurissent, l’industrie du tabac se gratte la tête, et montera sûrement en marche puisqu’ il y a du fric à récupérer.
Quant aux médecins : ils débattent. Beaucoup constatent que seule la e-cigarette a fait reculer le tabagisme : moins de tabac consommé, et efficacité bien plus grande que la prise de substituts à la nicotine qui étaient jusqu’à présent prescrits pour favoriser le sevrage tabagique. La e-cigarette, en effet, offre en plus de la nicotine (dont le taux peut être progressivement diminué), la gestuelle habituelle du fumeur.
Mais la e-cigarette est-elle dangereuse ? Tous les spécialistes s’accordent pour dire que la vapeur d’eau aromatisée dégagée est infiniment moins dangereuse que la fumée de tabac à la fois cancérigène et néfaste pour les artères. D’accord, disent ses opposants, mais elle est dangereuse. Comment ? Pourquoi ? On ne sait pas encore.
Récemment, L’AHA (American Heart Association) et le CDC (Center for disease Control) ont dénoncé l’utilisation de l’inhalateur, suivis par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) qui recommande d’interdire la vente des «inhalateurs électroniques de nicotine» aux mineurs et de prohiber leur usage dans les lieux publics fermés, au motif que « l’utilisation de ces dispositifs présente un danger grave pour l’adolescent et le fœtus ». Il est certain que la nicotine n’est pas recommandée à un âge précoce, et on veut bien les suivre sur ce point. Mais les experts de l’OMS soulignent que « les recommandations […] sont susceptibles de changer rapidement ». Le problème étant qu’« on ne disposera pas de données probantes sur l’association entre l’utilisation des inhalateurs électroniques de nicotine et [les maladies comme le cancer] avant plusieurs années, voire plusieurs décennies »
Autrement dit, ces experts ne savent rien mais n’hésitent pas à se prononcer, à éditer des recommandations et des interdits. Ils reconnaissent tout de même que c’est un outil de sevrage tabagique, mais en émettant le curieux bémol suivant : l’ignorance de l’importance de la réduction du risque. Mais la réduction existe donc, alors pourquoi dénoncer la chose ? Voilà des experts qui ne savent vraiment rien, et on peut se demander si l’industrie du tabac n’y est pas pour quelque chose dans leurs réticences.
Cézanne : « L’homme à la pipe »