9 Mai 2014
En France, pour devenir médecin, dentiste ou pharmacien, les étudiants doivent valider leur première année de médecine, goulot étranglé par le redoutable numérus clausus qui laisse 85% d’entre eux sur le carreau et ils n’ont que deux essais pour passer l’obstacle. L’équivalence des diplômes étant reconnue dans l’Union européenne, nombre d’étudiants s’expatrient pour pouvoir poursuivre leurs études et exercer une profession pour laquelle ils ont une vocation.
C’est ainsi que depuis de nombreuses années beaucoup d’étudiants français ont obtenu leur diplôme en Belgique qui s’est vue littéralement envahie et a fini par limiter le nombre de Français admis dans ses universités.
C’est à présent la Roumanie qui laisse volontiers partir ses Roms mais a mis en place en 2000 une section française à l’université de Cluj-Napoca en Transylvanie pour accueillir (simplement sur dossier) les recalés hexagonaux de la médecine et cette année sur les 8344 étudiants de l’université, 814 sont français.
La formation délivrée par cette université, dont le diplôme est reconnu en France, coûte 5000 € par an. Après leurs études roumaines, les Français rentrent pour la plupart en France pour passer les « épreuves classantes nationales » (ECN) leur permettant de choisir, en fonction de leurs résultats, une formation spécialisée.
Six ans d’exil et 30000 € pour pouvoir exercer le métier de son choix, c’est un sacré test de motivation, encore faut-il avoir les moyens de ses ambitions.
« Au 1er juin 2011, 41% des médecins nouvellement inscrits à l’Ordre avaient obtenu leur diplôme hors de France. C’est une moyenne. Ainsi, dans certaines zones, ce chiffre est largement plus élevé. C’est le cas par exemple de l’Aube, en Champagne-Ardenne, où trois quarts des nouveaux inscrits viennent de l’étranger et seulement 19% ont obtenu leur diplôme à la faculté de Reims. En Picardie, ces jeunes médecins qui constituent 44% des nouveaux effectifs proviennent pour un tiers du Maghreb et pour un autre tiers de la Roumanie. Dans l’Aisne notamment, ils sont un sur deux à arriver de Roumanie. »
Des Français étant amenés à faire leurs études à l’étranger pour s’installer en France, et les médecins étrangers venant exercer dans les campagnes faute de médecins français, on peut se demander quel est le but exact d’un numerus clausus aussi sévère à l’entrée des études médicales en France.