Les anglo-saxons comprennent mal pourquoi les Français, dont les habitudes alimentaires privilégient les bons repas souvent riches en graisses comme dans le sud-ouest de l’hexagone connu pour ses confits et ses foies gras, sont proportionnellement moins frappés par les affections cardiovasculaires qu’eux. On sent de leur part non seulement de l’agacement mais une pointe de jalousie : comment peut-on manger avec plaisir des aliments savoureux à si bon compte ? Aussi recherchent-ils le secret de ce « french paradox ». Quelles sont les bonnes habitudes alimentaires suivies par les Français qui leur seraient spécifiques et qui viendraient contrebalancer les mauvaises ?
La France étant le pays du vin et sa consommation restant élevée dans le pays, c’est à lui que l’on attribuait jusqu’à présent l’origine du paradoxe, aidé en cela par des médecins bordelais. D’où le conseil de boire un ou deux verres de vin par jour, l’effet bénéfique étant attribué aux antioxydants naturels qu’il contient et à l’élévation du « bon » cholestérol qu’il favorise.
Il semble que les anglo-saxons ne se contentent pas de cette explication qui encourage à boire de l’alcool en même temps que des antioxydants. La France étant aussi le pays des fromages et les Français des amateurs comblés par leur diversité, le fromage n’aurait-il pas aussi un effet favorable ?
Or, la revue Medical hypotheses a révélé, en cette fin d’année propice aux agapes, les résultats d’une étude menée par deux britanniques (de Cambridge), constatant que le roquefort serait très efficace contre les maladies cardiovasculaires et serait même un des facteurs de longévité des Français. Etonnant, n’est-il pas ? Ce fromage possèderait des propriétés anti-inflammatoires qui seraient d’autant plus élevées qu’il est mûr. Autrement dit, plus il est « à cœur », plus il protègerait le vôtre.
Même si ces propriétés anti-inflammatoires existent, comme semble le démontrer cette étude, il y a encore là un paradoxe dans le paradoxe car le fromage est particulièrement gras (le roquefort contient 33,2 gr de lipides – dont 0,135 gr de cholestérol - pour 100gr).
Par ailleurs, les deux chercheurs britanniques s’imaginent peut-être que tous les Français et surtout les Françaises mangent quotidiennement du roquefort ou un autre fromage « moisi » pour expliquer leur longévité (avec en moyenne 84,80 ans, les Françaises sont les européennes ayant la longévité la plus élevée, elle est de 81,30 ans pour les femmes britanniques). Il est vrai que les Français mangent plus souvent du fromage que des cuisses de grenouille.
Quoi qu’il en soit, il est certain que fromage et vin sont complémentaires : un Français qui sait vivre ne dégusterait pas un bon fromage sans l’accompagner d’un verre de vin rouge.
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