Attention, je n’ai rien contre les mouettes. Au contraire. Ce sont des oiseaux qui annoncent la mer aux terriens, la terre aux marins, les vacances aux citadins et les voyages pour tout le monde.
On aime les voir voler et tourner joliment dans le vent en virant de bord.
Mais il y a quelque chose chez elles qui n’est pas au point. Oh ! Une bricole, un petit rien : leur cri. Un oiseau habituellement ça roucoule, ça gazouille et même parfois ça chante et en plus joliment. Pas la mouette : elle hurle et ses cris vrillent l’air soit sur un mode plaintif, soit comme un appel de détresse, sans doute appris en voyant les bateaux sombrer.
Il faut être juste, ces cris, s’ils ont parfois des accents tragiques, sont sûrement des cris d’allégresse (sur ce point, je ne peux pas être formel) et quand on n’entend plus les piaillements aigus de leur voix criarde, on les regrette, surtout lorsqu’ils sont remplacés dans les champs par le croassement rauque des corbeaux piochant la terre de leur bec comme de noirs fossoyeurs.