Quand on parle de minorités « issues de la diversité », c’est une façon alambiquée de parler des gens de couleur, car il ne s’agit sûrement pas de minorités d’origine asiatique ou juive car c’est parmi elles que l’on trouve les plus grands interprètes de musique classique. Pourquoi les musiciens noirs sont-ils sous-représentés dans les orchestres ? C’est une autre question. Les plus grands musiciens de jazz – une musique qu’ils ont inventée - sont noirs. Sont-ils moins attirés ou moins doués pour la musique classique ? Ou les conditions sociales jouent-elles dans l’orientation musicale ? Quoi qu’il en soit on cherche à leur donner un « coup de pouce » en les recrutant par la petite porte aux dépens de musiciens blancs qui ont acquis leur place uniquement par leur talent. N’est-ce pas méprisant ?
On trouve pour cette discrimination positive la même justification que l’on apportait à la colonisation. En 1925, Léon Blum déclarait à la chambre des députés : « nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture ». La colonisation était aisément présentée comme un « coup de pouce » donné aux peuples colonisés comme on donne aujourd’hui dans les pays anglo-saxons un « coup de pouce » aux gens de couleur pour favoriser leur ascension sociale. Mais comme le dit très bien Mme Zhang Zhang : Aucune discrimination n’est jamais “positive”.
Illustration : Braque : violon et cruche.