En France métropolitaine, 36 monastères de religieuses vivent du commerce des hosties en vendant chaque année les 140 millions d’exemplaires qu’ils
fabriquent avec amour puisque, une fois consacrées, le corps du Christ s’y trouverait (Ingres dans « La Vierge à l’hostie » a peint la Sainte Mère
pensive et plutôt intriguée par la forme prise par son Fils). Le Christ devait être en principe le dernier immolé, ce qui n’a pas empêché les chrétiens d’immoler pendant plusieurs siècles les
juifs accusés de profaner les rondelles de pain azyme ou de les chasser pour piquer leurs biens.
Mais ne nous égarons pas et revenons à nos brebis. D’après « Le Canard Enchaîné » du 3/03/10, une religieuse interrogée par le journal « La Croix » (1/03/10) s’élèverait (sans lévitation) contre la concurrence déloyale des fabricants étrangers et notamment polonais qui « cassent le marché » et comble du scandale, ces entreprises seraient contrôlées par des laïcs (certes, mais les Polonais ont toujours été férocement catholiques). La moitié du marché français aurait ainsi échappée à nos artisanes voilées.
Internet s’en mêle, et des sites vantent les qualités des futurs réceptacles du Christ qu’ils proposent à la vente. Le site « paroisse.com » fait miroiter aux yeux des utilisateurs des hosties de 7 cm de diamètre, blanches et minces par 50 exemplaires au prix de 4,40 €, disponibles et expédiées sous 24 heures (mais un site allemand fournirait la marchandise à meilleur prix).
Les monastères français se défendent en proposant un choix plus diversifié quant à la taille, la couleur (blanche ou dorée), la composition (avec ou sans gluten) et la possibilité de graver dessus des motifs au laser.
Mais ce brave artisanat hexagonal pourra-t-il résister à l’industrialisation ? En effet, une entreprise hollandaise a mis au point des « machines à découper et des perceuses à hosties » capables de débiter 23000 unités par heure ! Mais cette multiplication des petits pains n’est-elle pas un miracle ?