
A partir d’une photo prise au Pakistan (Arif Ali /AFP) et publiée par Le Point du 19/08/10
MANNE
Hérissant les corps agglutinés
Des bras se tendent vers le ciel
Comme des branches dénudées
Sous une pluie providentielle
De ses pattes le grand oiseau de fer
Frôlent les têtes dressées pour la becquée
Les faces crispées par un espoir amer
Bouches ouvertes et ventres affamés
Les hommes et les enfants déguenillés
Dressent leurs mains dans un même geste
L’oiseau n’a peut-être plus rien à donner
Un homme s’enfuit courant le dos courbé
Serrant à deux mains la manne céleste
Pour que personne ne puisse la dérober
Paul Obraska