En France, on se plaint beaucoup du fonctionnement de la Justice : lenteur, laxisme ou au contraire trop grande sévérité, décisions paraissant arbitraires, politisation des juges dont « le mur des cons » fut un exemple…Mais on peut se demander si ce n’est pas un mauvais procès quand on reçoit les échos médiatiques du fonctionnement de la Justice aux USA. Une Justice où il est habituel de voir des tractations, on pourrait même dire des marchandages destinés à éviter un procès mais qui peuvent aller jusqu’à la condamnation d’un innocent plaidant coupable, celui-ci préférant céder au chantage afin d’éviter une peine qui risque d’être plus lourde. Il y a là, en quelque sorte, une commercialisation de la Justice qui ne semble aucunement gêner les Américains, peut-être même en sont-ils satisfaits. Quant au cas de Trump, c’est celui d’une caricature socio-judiciaire : malgré les nombreuses inculpations dont il fait l’objet : « complot à l’encontre de l’État américain » dont les différents motifs pourraient aboutir à 55 ans de prison, inculpation venant s’ajouter à celle de l’affaire où il est soupçonné d’avoir versé des pots-de-vin à une ancienne actrice pornographique pour acheter son silence, et à celle de « l’affaire des documents classifiés » conservés dans sa résidence de Floride après avoir quitté la Maison Blanche. Et il est ahurissant de penser que même condamné cela ne l’empêcherait pas de se présenter aux présidentielles de l’année prochaine. En soulignant que les démêlés judiciaires de Trump, qui montrent tout de même qu’il s’agit d’un voyou, renforcent son électorat qui le considère toujours comme une victime, à moins que certains estiment qu’il est bien malin pour s’être tiré de tous les procès intentés contre lui dans la vie civile comme dans la vie politique. Imagine-t-on l’équivalent en France ? Illustration : Klimt : « La Vérité nue » (ou selon Trump : « La main à la chatte de la Vérité nue")