La présence en finale de la dame au rictus entre les dents fait que son concurrent croule sous les soutiens. Certes, des politiques ou des intellectuels – et non des moindres – préfèrent s’abstenir à ce dernier (enfin !) scrutin destiné à choisir notre président (e). Ils ne veulent pas se salir à mettre un bulletin de vote dans l'urne en faveur d’un candidat qu’ils considèrent comme un suppôt déguisé de l’horrible capitalisme (mais considéré par d’autres comme un suppôt déguisé du socialisme honni) et/ou comme un européen cosmopolite vendu à l’Allemagne. Débarrassés du bulletin de vote, la conscience tranquille, ils pourront se laver les mains de ce qui pourrait éventuellement arriver.
Macron est soutenu par des politiques de tous bords, une « armée mexicaine » qui sera sans doute difficiles à gérer, et par des représentants de la société civile et notamment du monde artistique qui font partie de ce que d’aucuns appellent « l’élite », « l’établissement » ou le « système », concept à géométrie variable et floue, mais à coup sûr péjoratif.
Les gens « d’en bas » comme disait Raffarin, dénommés de façon plus flatteuse : le « peuple », prétendument représenté par une grande bourgeoise qui a eu l’habileté d’utiliser ses peines et son vocabulaire, pourraient en être irrités et considérer que Macron est surtout soutenu par des nantis, catégorie qu’ils rejettent mais dont ils aimeraient faire partie. Ces soutiens dorés sur tranche n’amèneront aucune voix supplémentaire à leur candidat et peut-être même lui en feront-ils perdre. Ils devraient cesser de se bousculer en fanfare à sa rescousse au risque de le faire trébucher.