Voici le petit billet que j’avais publié le 5 avril 2008
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Rigueur Ces jours-ci l’essentiel du débat politique tourne autour du mot « rigueur » : « Vous voulez faire de la rigueur – Non je ne veux pas faire de la rigueur ». Les uns accusent, les autres se défendent. La rigueur est devenue une véritable insulte. On peut en conclure : 1° Que pour les hommes politiques ce qui importe n’est pas le contenu d’une politique, mais le nom qu’on lui donne. 2° Que les hommes politiques ne veulent pas être rigoureux. On s’en était aperçu. 3° Qu’une politique approximative et/ou incertaine aurait l’assentiment de tous. 4° Que l’idéal est de diriger un pays avec la douceur d’une assistante sociale. L’ennui est que ce n’est pas possible. |
Cette discussion sur la rigueur que personne ne voulait
endosser, alors qu’un des contraires de ce mot est tout de même « laxisme », était postérieure à la déclaration de Fillon qui, avec son air d’employé des pompes funèbres, la mèche noire
et le costume sombre, avait déclaré qu’il était à la tête d’un Etat en faillite. La tête agissante eut tôt fait de le remettre dans le droit chemin de la satisfaction de soi, alors qu’à
l époque la situation n’était guère plus brillante qu’aujourd’hui. Certes, depuis, l’action de la tête agitée n’a fait qu’augmenter la dette du pays en défavorisant les plus
démunis.
Et voilà que le mot « rigueur » est admis. Non seulement il est admis, mais l’on s’en glorifie comme s’il s’agissait d’une conquête, d’une idée neuve, et la preuve d'une bonne gouvernance. Mais la France a parfois tendance à se glorifier de ses défaites en saluant la bravade de Cambronne ou les sacrifiés de Diên Biên Phu sur l’autel des stratèges imbéciles.
Il y a des combats, messieurs, qui viennent un peu trop tard.