Une
fois sur dix environ les arrêts maladie sont abusifs ou trop longs, ce qui coûte évidement cher à la collectivité. Le patient lorsqu’il simule est directement responsable, mais le médecin qui
s’est fait duper soit involontairement soit volontairement si son objectif a été de conserver la fidélité de son patient, a sa part de responsabilité.
Les médecins de le CNAM effectuent des contrôles de plus en plus nombreux, puisqu’on est passé de 400000 en 2003 à 1,5 million en 2008. Ces contrôles peuvent être une source de frictions entre le médecin de la CNAM et le médecin traitant, celui-ci étant en général mieux placé pour juger de l’état de son patient alors que le premier ne l’examine qu’une seule fois. Jean-Paul Hamon de la Fédération des médecins de France a cité le cas d’un malade pour lequel la CNAM avait voulu suspendre les indemnités journalières au motif qu´il était consolidé. « J´ai répondu que la connerie de l´administration n´avait pas de limites et, tout récemment, que l´état de mon patient pouvait être considéré comme définitivement consolidé, puisqu´il est décédé. »
Le ministre du Budget, Eric Woerth, propose de généraliser dès 2010 un dispositif qui permet actuellement de suspendre les indemnités journalières versées indûment à des salariés, en cas d´abus relevé par un médecin envoyé et payé par l´employeur (Loi de financement de la sécurité sociale 2008). L´expérimentation est actuellement menée dans une dizaine de régions. Le patient peut contester cette suspension auprès de la CNAM.
On voit par là que l’état du patient sera jugé par deux médecins qui n’ont pas suivi le malade et qui sont plus ou moins intéressés (selon leur conscience professionnelle) par l’interruption de l’arrêt maladie. Quant au médecin traitant, il sera ainsi mis sur la touche et dévalorisé. Il en a l’habitude depuis que l’on parle de revaloriser son rôle.
D’après la newsletter du Conseil national de l’Ordre des médecins, les principales tendances de l’Atlas de la Démographie médicale 2009, qui sera disponible le 18 juin prochain, font état d’une désaffection importante pour l’exercice libéral en faveur des remplacements (25 à 30% des inscrits) ou du salariat (66% des inscrits). Etonnant n’est-il pas ?