Pierre Bonnard "Sieste"
CHALEUR
Il fait chaud
La femme nue assoupie
Etreint le lit
La tête dans ses bras en berceau
Il fait chaud
Le corps découvert alangui
Dans la beauté de son impudeur
Dans le charme de sa candeur
Une heure de sommeil
Volée sur la nuit
A l'ombre de la chambre fleurie
Dehors le soleil
Frappe sur les volets fermés
Au pied du lit
Les vêtements éparpillés
De trop
Et un chien endormi
Il fait chaud
La femme s'est s'abandonnée
Nue
Sans retenue
Dans la chaleur de l'été
Paul Obraska
Pierre Bonnard "Homme et Femme"
APRES
L'homme nu debout à l'écart se rhabille déjà
Sans un regard pour la femme sur le lit défait
La femme assise nue est laissée là
Dans le silence de l'après
La tête basse
Mélancolique
Impudique
Lasse
Qu'attend-elle ? De la tendresse ?
L'homme a eu ce qu'il voulait
Ce qu'il attend d'une maîtresse
Mais peut-être n'est-il pas satisfait ?
Peut-être vont-ils se quitter
Alors la femme reste nue sur les draps
Comme une coquille vide abandonnée
Une main sur une cuisse et une jambe repliée
Le talon devant son sexe qu'elle ne couvre pas
Paul Obraska