Depuis quelques années une mode semble persister dans le monde du spectacle touchant un nombre appréciable des spécimens qui se renouvellent périodiquement sur nos petits écrans (ailleurs je ne les vois pas, je n’ai jamais été invité à me montrer à la télévision et j’ai horreur des coquetèles – où je ne suis pas invité non plus – car je trouve pénible de grignoter et de boire debout, de parler la bouche pleine et de dire bonjour à des gens que je ne reconnais pas). Cette mode touche également les mannequins masculins (heureusement pas les féminins) qui n’ont pas toujours les moyens de la suivre.
Mais revenons à nos moutons, car c’est de cela qu’il s’agit : un problème de tonte. La mode, donc, est de ne pas se raser. Non de se laisser pousser la barbe comme signe ostentatoire admis d’une religion ou de porter la barbe qui donne de la noblesse à la face des patriarches ou des philosophes pour imposer ainsi le respect ou de soigner une barbiche pour masquer un menton fuyant ou de tailler un collier pour encadrer le visage comme un cadre de portrait de maître, non, je veux parler d’une barbe naissante de quelques jours, sans le moindre soin, et poussant dans le désordre avec souvent quelques poils gris du meilleur effet.
Manifestement ces gens là sont propres sur eux, il ne s’agit pas de négligence. C’est une absence d’acte volontaire, une préméditation. Alors pourquoi ? Serait-ce une preuve de leur vie trépidante qui ne leur donne pas le temps de se raser ? L’affirmation de leur virilité ? Une lutte contre les convenances ? Une manifestation révolutionnaire ? Ce qui serait étonnant de la part de gens connus parfaitement installés dans le système. Peut-être veulent-ils faire preuve d’originalité ? Dans ce cas ils doivent éviter de se rencontrer avec d’autres non-rasés sur le même plateau pour être le seul à s’enlaidir volontairement.
Je me pose une autre question. Un poil, c’est vivant, ça pousse, or pour le montrer en public il doit avoir une longueur adéquate, ni trop long, ni trop court et ce que l’on constate est renversant : il a toujours la même longueur lorsque les non-rasés apparaissent sur l’écran. Ils sont donc obligés de se raser et attendre que le poil repousse à la bonne longueur pour se montrer en public, ce qui exige une organisation pile poil digne d’admiration ou de concéder à apparaître parfois le visage glabre et de perdre ainsi beaucoup de leur personnalité.
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