Petits riens

Publié le par Dr WO

Petits riens

Ce matin dans le métro, j’ai assisté à un spectacle assez fréquent : une femme se maquillant dans la rame. Sans doute n’avait-elle pas eu le temps de le faire avant d’aller au travail. J’ai toujours admiré cette prouesse : passer délicatement la brosse du mascara sur les cils nonobstant les cahots, les arrêts brusques et les départs du métro alors que les gens se tiennent aux barres pour ne pas basculer. J’ai toujours la crainte que la brosse ne dérape dans l’œil, mais l’habileté des femmes est telle pour cet exercice que je n’ai jamais assisté à cet accident.

Près de la femme au mascara se tenait une jolie noire qui oscillait rythmiquement de la tête. D’après le rythme céphalique, ce qui se déversait de façon continue dans ses oreilles devait être du rap, mais je n’étais pas assez près d’elle pour entendre le grésillement révélateur. Malgré toutes les années, je reste étonné par ce besoin d’entendre en permanence du bruit dans les conduits auditifs même lorsque l’on peut jouir du silence. Toujours en oscillant de la tête en l’absence de toute pathologie, la jeune femme s’est assise et a sorti un livre de son sac, retrouvé la page et s’est plongé dans la lecture. Bien sûr, ma curiosité m’a poussé à regarder le titre de l’ouvrage. Il s’agissait des écrits de l’empereur romain Marc-Aurèle.

Métro, 1976. Huile sur toile. © Philippe Waty, courtesy éd. Gourcuff e& Gradenigo

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P
Marc Aurèle, saine lecture. Un antidote au rap.
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S
Très pertinent, le classement du papier dans "Bâtons rompus". Il s'agit bien sûr du bâton de rouge à lèvres, rompu dans les cahots et arrêts brusques. Pour les maladroites, il existe sur YouTube des dizaines de tutoriels pour apprendre à se maquiller dans le métro ou en voiture. En voici un.
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C
Un des bonheurs de la jeunesse étudiante est qu'on est tenu de lire sans délai des choses qu'on ne lira plus jamais dans sa vie. C'est un bonheur dont on n' a conscience que bien plus tard quand, gavé de prix Goncourt et de "phénomènes d'édition" on se dit " tu as chargé La guerre des Gaules sur ta tablette, lis-le, merde" ! Mais..là, maintenant, il est trop tard, on a toute la vie devant soi, alors on remet à plus tard<br />  <br /> PS : Je trouve aussi très féminine et très... sexy la faculté qu'ont les femmes de se maquiller dans une voiture au feu rouge. Dans le métro, peut-être moins.
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S
En voiture, c'est plus pratique. On a le miroir de courtoisie dans le pare-soleil. Feu rouge : ombre à paupières. Embouteillages : mascara, liner et blush. Le rap, pas de problème. A fond, vitres ouvertes de préférence. Pour lire du Marc-Aurèle, ça devient plus compliqué.<br /> PS. Pour le mascara, on ne dit pas pinceau, mais brosse. Qui peut tout aussi bien vous rentrer dans l'œil.
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L
J'admire les deux dames, je ne pourrai me maquiller dans un métro ou un train cela bouge trop, et lire Marc Aurèle en écoutant du rap, çà c'est une performance, à mon avis, ou elle écoute le rap en faisant semblant de lire ou elle lit et n'écoute pas le rap elle entend juste le bruit !
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Z
Comme quoi, Marc-Aurèle est compatible avec le rap du XXIème siècle !<br /> Bonne soirée Doc
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S
La dame au maquillage doit être plus douée (ou plus habituée) que moi. Presque chaque matin, immobile dans la salle de bain, je me retrouve avec une superbe trace de mascara, style peinture de guerre, sur le nez !<br /> On peut donc lire Marc-Aurèle et écouter du rap en même temps ! Ce n'est pas tant l'association des deux qui m'étonne que le fait de parvenir à se concentrer sur du rap...
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