Isabelle Adjani joue en ce moment un rôle à contre-emploi de médecin malgré nous si l’on se réfère à ses déclarations faites dimanche dernier sur France Inter :
« Se référer à Pasteur, comme l'a fait le Premier ministre est une bien mauvaise idée. Pasteur n'est pas celui qu'on croit. (…) Je vous parle comme une mère qui n'a pas fait vacciner ses enfants, et qui le revendique. Depuis que j'ai découvert la grande démarche propagandiste de l'industrie pharmaceutique pour ramener cet argent sur le dos de la santé des gens, j'ai mis en acte mes convictions. Mes enfants vont très très bien, ils ont un suivi phyto-homéo et mon jeune fils de 20 ans n'a jamais pris d'antibiotiques de sa vie. Un nourrisson ne peut pas lutter contre l'inoculation de 11 maladies. ».
Il est certain que sa profession de comédienne lui donne toutes les compétences nécessaires pour juger l’œuvre de Pasteur et son apport à la médecine. La vaccination est pour cette jolie tête un vaste complot des laboratoires qui fomentent, uniquement dans leur intérêt, la fabrication et la vente de produits qui ont permis de prévenir la plupart des maladies infectieuses infantiles et contribué à réduire considérablement la mortalité* élevée des enfants que l’on pouvait déplorer avant la diffusion de la vaccination (qui n'est cependant pas la seule cause de cette baisse).
Je suis content que ses enfants ont une excellente santé, ce qui leur permet de ne prendre à l’occasion que de la « phyto-homéo », c’est à dire le plus souvent un placebo. Mais il ne vient pas à l’esprit à cette jolie tête que si ses enfants n’ont pas été atteints d’une maladie infectieuse sérieuse c’est peut-être parce que les autres enfants, eux, ont été vaccinés et qu’ils n’ont pas ainsi contracté une maladie qu’ils auraient pu transmettre à ses rejetons non vaccinés. La bonne santé de la descendance de Mme Adjani démontre, en fait, l’efficacité de la vaccination infantile…des autres.
Avant de parler de complot et de dire des bêtises ne pourrait-elle pas jeter un coup d’œil sur un livre d’histoire de la médecine où l’on fait le récit des familles décimées par les maladies infectieuses qui touchaient d’abord les enfants. Certes, on ne disposait pas à l’époque des antibiotiques (peu ou pas efficaces sur les maladies virales), mais Mme Adjani leur préfèrerait sans doute l’homéopathie (qui existe depuis le XVIIIe siècle), qui, entre nous, enrichit de façon scandaleuse un labo qui ne vend que des placebos, mais distribués par des médecins malgré l’absence de preuve scientifique de l’efficacité des pilules prescrites.
* Sans parler de la morbidité car on peut très bien, par ex., ne pas mourir de la poliomyélite mais en conserver de lourdes séquelles.