Ces dernières années ont vu des modes radicales pour modifier le corps.
Le « body building » a ses adeptes, cette dénomination a remplacé celle ancienne de « culturisme ». Les produits obtenus permettent d'illustrer les planches anatomiques pour l'étude des muscles.
A l'inverse, beaucoup trop de femmes sculptent leur corps jusqu'au squelette. Une fois enlevés le papier et la ficelle on tombe sur un os. Les mannequins, leurs fémurs et leurs tibias en équilibre sur des talons hauts, oscillent sur les estrades, à peine maintenus par des muscles atrophiés
J'ai déliré ailleurs sur le piercing (« Un mystère à percer ») dont l'excès me parait avoir plus
d'inconvénients que d'avantages. Mais le piercing est réversible, ce qui n'est pas le cas du véritable tatouage qui ne peut être remplacé que par une greffe de peau. Il faut faire attention au
motif tatoué. Un de mes anciens patients qui s'était fait faire un large tatouage sur le torse n'a jamais voulu retiré son tricot de corps pour être examiné, aucune personne de sa famille ne
l'avait vu torse nu. D'après une étude américaine récente ce sont 7 fois sur 10 les femmes qui veulent faire retirer leurs tatouages, une dizaine d'années après, pour des raisons
familiales ou professionnelles, on les tolère moins chez elles que chez les hommes.
En eux-mêmes certains tatouages ne manquent pas de beauté. J'ignore si l'on continuera longtemps à prendre la peau humaine pour une peau d'animal et en faire un parchemin chargé d'enluminures,
mais les tatouages, eux, persisteront.
Malheureusement je n'aurais pas le loisir d'accompagner ces jeunes tatoués jusqu'à la vieillesse et de voir leurs tatouages se déformer, se flétrir comme des fleurs fanées lorsque leur peau deviendra lâche et ridée.