Les visiteurs qui viennent sur ce blog savent que devant un tableau qui se suffit à lui-même, j’ai une fâcheuse tendance à mettre mon grain de sel en ajoutant un texte qui tente de traduire ce qu’il me suggère ou m’inspire.
Ils me pardonneront peut-être après avoir rapporté ici les commentaires de deux médecins[1] sur un tableau de Peter Paul Rubens peint vers 1637 : « Helena Fourment à la fourrure ». Le peintre avait épousé cette jeune femme en secondes noces alors qu’elle n’avait qu’une quinzaine d’années, sur le tableau elle en avait vingt deux et trois maternités derrière elle.
Rubens peint sa femme, dont il aurait été très épris, telle qu’elle est, sans fard, ce qui donne à nos deux médecins l’occasion d’étudier cette belle personne d’un point de vue médical près de quatre siècles après.
Les seins leur paraissent asymétriques, sans doute en raison de l’allaitement d’un enfant né peu auparavant. Les jambes surtout attirent leur regard : la peau est relâchée, il semble exister une dilatation de la veine saphène interne gauche marquée par une ombre en relief sur la face interne de la cuisse et la coloration jaune rosée des chevilles et plus sombre au niveau des mollets pourrait être liée à une modification de la peau (dermite ocre) parfois observée après une phlébite, complication possible d’une grossesse.
Reste à signaler l’hallux valgus (bosse à la racine du gros orteil droit) un peu inhabituel chez une femme aussi jeune.
Je pense qu’après cela, je pourrais me livrer sans remords à mes digressions.
[1] Abastado P et Chemla . : A portrait of a female body : Rubens and Helena’s legs. Medical Humanities 2008 – article rapporté par le Journal International de Médecine.