Le téléphone portable, organe surnuméraire acquis par mutation technologique, ne quitte plus l’homo sapiens sapiens : à l’oreille, dans le sac, dans la poche et surtout dans la main pour les jeunes, tapotant des SMS ou attendant plein d’espoir un SMS venu du septième ciel ou un coup de téléphone pour pouvoir bavarder sans fin dans la rue, en révélant aux passants la teneur insipide de leurs conversations.
Mais le téléphone portable peut devenir plus qu’un objet de communication et acquérir le label d’objet thérapeutique. C’est ainsi que les Japonais téléchargent à présent des « sonneries thérapeutiques ». Le « laboratoire japonais des sonneries de téléphone portable » (JLRT) a conçu 27 mélodies pour traiter un vaste éventail d’anomalies : insomnie (une sonnerie de réveil pour faire croire que l’on dort ?), faire pousser les seins (en les arrosant ? Non, la solution est au dernier paragraphe)), le rhume des foins en appliquant le portable sous le nez pour faire tomber le pollen (ce qui n’est pas impossible), embellir la peau (« Mélissa » de Julien Clerc ?), stimuler l’énergie (une musique militaire ?), donner envie de faire le ménage (la chanson des 7 nains ?) ou pour faire fuir les corbeaux (« L’aigle noir » de Barbara ?).
Au départ c’est le Dr Hideto qui - pendant quinze ans - s’est intéressé parmi les premiers au lien entre les mélodies du téléphone et le corps humain et selon lui les sons peuvent faire grossir les seins en provoquant une réaction émotionnelle et physique chez les utilisatrices. On s’étonne que les jeunes nippones qui reçoivent en moyenne 40 appels par jour soient le plus souvent aussi plates.