Dans le parlement européen issu des élections 2014, environ un eurodéputé sur sept y siégera avec l’ambition déclarée de le faire disparaître ou de donner aux institutions européennes un rôle fictif en plaidant pour la renaissance des nationalismes. Certains ont même déjà chaussé les bottes et s’entraînent à marcher au pas de l’oie pour être prêts à parachever l’œuvre destructrice du nazisme et du fascisme avec l’idée imbécile qu’il existe des races pures dont ils font évidemment partie. Je leur souhaite, par charité, que cela ne soit pas le cas car ce sont celles qui dégénèrent le plus vite jusqu’à disparaître totalement.
Il y a tout de même une incohérence de vouloir accéder à une fonction dans le cadre de l’UE dont ils veulent la disparition plus ou moins complète, et la logique voudrait qu’ils la méprisent et refusent d’y participer. On peut cependant trouver trois raisons à ce paradoxe.
La première raison est le mode de scrutin qui permet à des partis extrémistes d’apparaître sur la scène politique, alors que des modes de scrutin nationaux ne leur permettent pas toujours d’avoir une représentation parlementaire dans leur pays. C’est ce qui se passe notamment en France pour le FN. Dans le même ordre d’idée, le parlement européen est une belle terre d’accueil pour les recalés des scrutins ou des postes nationaux.
La seconde raison serait une tentative de miner les institutions de l’UE de l’intérieur. C’est pour l’instant un objectif théorique étant donné la prépondérance des représentants partisans de l’UE.
La troisième raison est purement intéressée, et que l’on ne vienne pas me dire que les convictions l’emportent sur le portefeuille, car les convictions devraient conduire à refuser toute rémunération de la part d’une institution tant haïe. En effet, bonne fille, l’UE rémunère largement ceux qui veulent sa mort parce qu’ils représentent une fraction de la population européenne, même lorsque leur présence et leur participation laissent à désirer. Un eurodéputé, s’il est assidu (indemnité forfaitaire de 304 euros pour chaque jour de présence aux organes du parlement), peut espérer percevoir 12255,87 euros brut par mois (la rémunération de base étant de 7956,87 euros brut par mois, mais deux fois moins s’il n’est pas présent à la moitié des séances pendant l’année. Il s’y ajoute une somme de 4299 euros par mois destinée à couvrir les frais parlementaires) et il peut se faire rembourser à hauteur de 4243 euros par an ses titres de transport (source : Gilles Gaetner dans Atlantico). (Cependant le coût annuel du parlement européen par habitant ne serait que de 3,10 €.) La soupe est bonne même lorsque l’on crache dedans.
Gyula Benczur : « Le suicide de Cléopâtre »
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