« La fête, le monde de la nuit, les discothèques, la musique qui fait vriller les tympans, la foule hurlante entassée sur trois centimètres carrés, les corps à corps préludes à des étreintes sauvages, la sueur qui colle au revers du slip, le visage extatique de la jeunesse éperdue de liberté, les sourires effarés de mes vis-à-vis quand je me trémousse au point de ressembler à une otarie décoiffée au moment d'atteindre l'orgasme, c'est toute ma vie. » Extrait d’un article de Laurent Sagalovitsch paru dans Slate et, évidemment du second degré où il se réjouit apparemment de la réouverture prochaine des boîtes de nuit. Quand j’avais l’âge adéquat il m’est arrivé de me rendre dans ces boîtes de nuit, dont la dénomination colle parfaitement à l’objet. Des boîtes bourrées dans tous les sens du terme. Je rentrais dans ces boîtes en étant généralement entrainé par d’autres car il ne me serait jamais venu à l’esprit d’y aller spontanément. J’ai toujours trouvé ces lieux insupportables : il y fait chaud, le bruit est infernal, la conversation impossible sauf à hurler jusqu’à extinction de la voix (il arrive qu’elle soit éteinte le lendemain), en n’éprouvant aucun plaisir à sauter sur place au rythme des percussions dans des effluves de sueur mêlé de parfums divers et soumis aux stimulations lumineuses pré-épileptiques prétendument artistiques. Donc dans ma jeunesse ce plaisir m’a totalement échappé, mais je ne conteste pas qu’il s’agit aussi, et sans doute surtout, d’un lieu précoïtal où entrer dans une boîte seul, c’est le plus souvent pour espérer en sortir sauf (et pas forcément sain) à deux.