George Grosz « République d’automates » 1920
LES AUTOMATES
Le chant métallique des automates s’élève sur le monde
Plus le monde devient lourd plus leur chant devient fort
Un chant grinçant, un chant désaccordé, un chant de mort
Les automates de toutes les couleurs obéissent aux ondes
Les automates acceptent d’être automates
Ils sont contents de bouger sans penser
Des pensées mâchées leur sont données
Chaque matin dans le vide de leurs boîtes
Ils font tous les mêmes gestes
Ils font tous les mêmes guerres
On leur dit de quoi ils doivent être fiers
On leur dit où est la Peste
Alors ils chantent de plus en plus fort
Parce qu’ils ont de plus en plus peur
Les automates chantent en chœur
Pour oublier qu’ils sont déjà morts
Paul Obraska