L’Europe M’a offert dès le début
Ses peuples sombrant dans la guerre,
Dans un grand massacre inattendu
Pour de misérables talus de terre.
Les soldats creusaient leurs tombes,
En sortaient tels des spectres pour mourir,
Les membres amputés par les bombes.
On fête en Novembre leur souvenir.
(Extrait des « Confessions de Satan » dans MEUTES IV)
Vasily Vereshchagin "L'apothéose de la guerre" 1871
L’ETERNEL RETOUR
Sur une terre nécropole
A perte de vue
Où l’herbe que l’on dit folle
a disparu
Où des arbrisseaux rabougris
Tendent leurs feuilles perdues
Dans une plaine jaunie
Habitée d’insectes et de corbeaux
Leurs sinistres croassements
Hantent un silence de caveau
Reste
Un monticule blanc
Grimaçant
Une pyramide trouée
Où se posent les oiseaux
Intrigués
Noirs sur le monticule blanc
Tas de crânes amoncelés
Présents nuptiaux des trépassés
Que la Guerre en passant a laissés
Pour aller ailleurs, amante cruelle
Faire sa tournée mortelle
Où les hommes fidèles
Attendent depuis toujours
Tourmentés, son retour
Paul Obraska