Egon Schiele "Embrasser" 1917
ETREINTE
L'homme et la femme s'embrassent
Dans une étreinte désespérée
Ils ne supportent pas la menace
D'être un jour à jamais séparés
De retomber dans la solitude
Qu'ils avaient toujours connue
Avant de vivre cette plénitude
De l'étreinte de leurs corps nus
Ils craignent d'être séparés à jamais
La guerre gronde à leur porte
Il est revenu pour goûter la paix
Avant de repartir à l'aube morte
Ils s'entourent de leurs bras
Avec la force de leur amour
Pour se fondre encore une fois
Avant que se lève le jour
Il pose sa tête sur l'épaule de la femme
Elle console l'enfant apeuré par le noir
Empli de visions de mort et de flammes
Avant son retour dans le cauchemar
Paul Obraska