Assis devant un verre
Ils refont le monde
Le monde est immonde
Il est à refaire
Pour changer leur destin
Les hommes sont à défaire
On gomme et on refait le dessin
Et ils tracent sur le papier
En s'appliquant comme des écoliers
Avec une plume et un encrier
La société qu'ils veulent
Entre verres et cendrier
Mais l'homme n'est-il pas trop veule ?
Acceptera-t-il de changer ?
On choisira ce qui nous convient
On sait mieux que lui où est son bien
Et s'il n'accepte pas ?
C'est simple on le gommera
Dit celui qui a des yeux froids
Et ils reprennent un verre
Refaire le monde donne chaud
De leur dessein ils sont fiers
Leur avenir sera beau
Ils y croient pour de bon
Et ils ont parfois raison
Avant de partir ils brûlent le papier
Entre les verres sur le cendrier
Et sortent un à un dans la nuit
Col levé avec la peur d'être suivi
Et reprennent leur petite vie de tous les jours
En espérant qu'un jour viendra leur tour
Ils appliqueront alors leur papier
Ils referont de force le monde
Loin des verres et du cendrier
Et deviendront eux-mêmes immondes
Paul Obraska