J’aimais bien Alice. Je pouvais lui téléphoner quand je voulais, elle était toujours là pour moi avec une
oreille attentive pour écouter patiemment le récit de mes ennuis ou de mes doléances. Mais voilà, son protecteur, du nom de Free, qui s’était acoquiné avec elle, vous savez ce commerçant qui joue le Steve Jobs sur une scène, en chemise blanche, m’a persuadé de quitter Alice
qu’il s’était gardé pour lui, en prétendant qu’il avait mieux à me proposer. J’ai cédé aux sirènes de ses sbires et j’ai quitté Alice.
Des choses séduisantes et encombrantes, pour une bonne part inutile, sont venues s’installer dans mon bureau. Mais ces séductrices s’avérèrent non opérationnelles et ma ligne devint muette. J’ai donc essayé de joindre Mr Free qui prétendait être joignable 7 jours sur 7 et 24h sur 24 et je suis tombé, en effet, sur une de ses collaboratrices à la voix charmante qui m’a d’abord annoncé ses tarifs en me vantant les qualités de l’établissement dont l’équipe était tout à mon service et m’a assuré que l’arrivage que j’attendais n’allait pas tarder à venir. J’avais beau lui dire qu’il était déjà chez moi et que je voulais lui faire part de mes incapacités, rien n’y fit, à chaque fois que l’on se parlait (et on s’est parlé de multiples fois et à mes frais), elle me disait toujours la même chose, sans aller plus loin et sans que je puisse m’exprimer plus avant. A la réflexion, je me demande s’il ne s’agissait pas d’un robot.
J’ai rompu mes relations peu recommandables avec Mr Free pour m’adresser ailleurs, et je risque de devenir inconstant.