7 Janvier 2013
Dans les années 70 du siècle dernier et avant, chaque patient qui entrait à l’hôpital avait dans son bilan biologique la recherche systématique de la syphilis. Dans les années 80, lorsque le SIDA apparut, la logique médicale eut été de faire la même chose. Mais sous la pression des associations comme Aides, cette recherche systématique nous fut interdite sans l’autorisation préalable du patient et a continué à l’être afin d’éviter toute discrimination ( ?). Si bien que le corps infirmier, les médecins et notamment les chirurgiens furent dès lors exposés à la contamination par le sang et les partenaires du patient à la contamination par le sexe, alors qu’il n’existait aucun traitement. Je me souviens de reproches qui m’ont été faits pour avoir effectué cette recherche sans avoir demandé sa permission au patient. Pour la petite histoire cet examen s’était d’ailleurs révélé positif.
Or aujourd’hui (où il existe un traitement) ces mêmes associations, dont Aides, déplorent les insuffisances du dépistage de l’infection par le VIH, estimant qu’environ 40 000 personnes ignoreraient qu´elles sont infectées et que 33 % des patients malades ne sont pris en charge que tardivement par l´hôpital. En conséquence, il leur parait indispensable de repenser les stratégies de dépistage en ciblant, notamment, les populations les plus à risque : les homosexuels masculins et, dans une moindre mesure, les migrants (discrimination ?), en utilisant le test de dépistage rapide du VIH.
Le rapport rédigé par les professeurs France Lert – directrice de recherche à l´Inserm – et Gilles Pialoux – chef du service des maladies infectieuses à l´hôpital Tenon (Paris) –, rendu public par Libération suggère même de changer radicalement les politiques de prévention en proposant un dépistage général dans toute la population, mais aussi en s´intéressant en priorité aux personnes les plus touchées par les nouvelles contaminations (comme les gays).
Autrement dit, lorsqu’il n’existait aucun traitement du SIDA et que les homosexuels, les plus menacés, risquaient d’en mourir rapidement, il n’était pas nécessaire de protéger les autres, à présent qu’il existe un traitement, la discrimination a disparu.
Même les imbéciles changent.