PROCESSION
Tels des enfants jouant un supplice pervers
Ils descendent la rue Blanche comme on monte le Golgotha
Pour jouir pleinement des affres d’une douleur légendaire
Ils suivent la souffrance pas à pas
Celle racontée par ceux qui n’ont rien vu
Tragi-comédie vieille de deux mille ans
Jouée sans relâche par des troupes têtues
Les passionnés simulent l’antique calvaire
Menés par des prêtres vêtus de pourpre et de blanc
Genoux sur le bitume à défaut de poussière
Sous le regard de policiers à défaut de Romains
Croix portée
Par de bons Samaritains
Objet vénéré
Instrument de torture symbole sanglant de l’amour du prochain
Doigt dressé vers le Ciel impavide
Peuplé de satellites aux ailes déployées
Messagers bavards du vide
Anges de la modernité
Planant sans cesse
Dans le Ciel sans promesse
Paul Obraska