L’atelier d’Anselm Kiefer a été cambriolé. Artiste d’origine allemande mais vivant en France, ses œuvres se vendent à un prix élevé. Cependant ce n’est pas l’une de ses œuvres qui fut volée mais une partie du plomb qui la composait.
L’oeuvre elle-même n’a pas intéressé les voleurs, alors que son prix dépassait très largement celui du plomb volé. Le plomb étant très lourd, les voleurs ont été obligés d’en laisser une partie et c’est cela qui m’a fait penser au « vendeur d’enclumes à la sauvette », expression dont l’auteur est Pierre Dac, le maître de l’absurde.
Les ferrailleurs ne s’intéressent pas à l’art mais à la matière. Imaginons des voleurs brisant le « David » de Michel Ange pour récupérer le marbre afin de construire une salle de bain. Il est vrai qu’il peut également se produire l’inverse puisque Duchamp a fait d’un urinoir une oeuvre d’art (dont l’un des exemplaires a été vendu à 1 million 677 € !!!).
Voilà des morceaux abandonnés de l’œuvre de Kiefer dont la représentation des livres est une constante dans son expression artistique. Les ferrailleurs ont sans doute pensé, ne sachant peut-être pas lire, qu’il s’agissait de simples couches superposées de plomb qui ne demandaient qu’à être prélevées.