Les rebelles de pacotille
Près d’un Français sur cinq s’étant exprimés au premier tour de la présidentielle se considère comme un rebelle en rejoignant la troupe des « insoumis », dénomination pompeuse décernée par leur chef qui ne manque pas de grandiloquence.
Est-ce une insoumission au « système » ? Contre lequel tout le monde se soulève alors que tous ceux qui vitupèrent contre lui et qui veulent le renverser sont tous dedans et en profitent depuis des décennies, y compris le chef insoumis qui grenouille en politique depuis au moins une trentaine d’années mais qui invite sans vergogne les autres à « dégager ».
Insoumis au capitalisme ? Mais qu’ils aillent voir les pays où ce capitalisme n’existe pas ou qu’ils se souviennent (s’ils le peuvent) de ceux où les moyens de production étaient intégralement aux mains de l’état.
Insoumis à la « Finance » ? Mais c’est en empruntant à cette finance honnie que la France peut vivre au-dessus de ses moyens et c’est grâce à elle que l’Etat leur distribue peut-être quelques prébendes sur lesquelles ils ne crachent pas.
Les « insoumis » prennent une posture de résistants alors qu’ils vivent, et pas trop mal pour la plupart, dans un pays démocratique où toutes les libertés existent encore et où ils ne subissent ni oppression, ni répression.
Ce sont des usurpateurs. Ils usurpent confortablement le sort des vrais insoumis, des vrais rebelles qui se soulèvent ou qui se sont soulevés parfois au prix de leur vie contre une véritable oppression souvent sanglante qu’ils ne connaissent pas et que, je l’espère, ils ne connaitront jamais malgré leur légèreté et leur aveuglement.