J’ai récemment entendu sur les ondes un journaliste parler d’une personne « en situation d’handicap », contournement sémantique pour ne pas dire tout simplement : « handicapé ». L’expression choisie montre à quel point le politiquement correct est idiot, car pour ne pas nommer ce qui est, il finit par accentuer une discrimination en voulant l’éviter. Ne pas vouloir dire « handicapé », c’est insinuer qu’il est honteux de l’être, et qu’il est préférable de ne pas prononcer le terme que le journaliste semblait considérer comme blessant.
En outre, affirmer que l’handicapé est dans une « situation », suggère que celle-ci pourrait être provisoire, et que la personne ainsi située ne serait donc pas définitivement handicapée (ce qui est parfois le cas, mais malheureusement rarement).
Au même moment je lisais un article sur un médecin en « situation absurde ». Il avait fait faire d’importants travaux pour rendre son cabinet accessible aux personnes en « situation d’handicap », ce qui, à l’usage, avaient permis effectivement aux handicapés en fauteuil roulant d’y accéder facilement. Mais les normes imposées n’étaient pas parfaitement respectées, et pour les respecter d’autres travaux trop onéreux auraient été nécessaires. Les démarches auprès de la mairie du lieu pour obtenir une dérogation et les arguties administratives furent telles que le médecin, menacé des pires sanctions, a préféré fermer son cabinet.
Sans aucun rapport avec le handicap :
Le Lab d'Europe 1 a proposé à ses lecteurs de voter pour élire, jusqu’au 30 décembre, la phrase politique qui remportera « la Palme du grand n'importe quoi » pour l'année 2016. Pour l'instant, c’est Marisol Touraine qui est en tête avec 27% de près de 2 500 votants. La ministre de la Santé ayant déclaré au sujet du virus Zika :
"Quand on a projet de grossesse, il faut avoir des relations sexuelles protégées parce que le virus peut se transmettre par la voie sexuelle".