LES FORMES DE L'EAU XVI
VAGUES
Un roulement pressé, un son long et clair qui s’étire sur le sable en chuintant.
Un rythme à deux temps qui se répète depuis l’origine de notre monde, inlassablement.
Sur ce rythme la mer danse : un pas en avant, un pas en arrière,
en roulant de la vague parée d’écume, perles d’eau éphémères,
évanouies dans le sable pour renaître à chaque battement.
Les galets ronds reposent, érodés, ils attendent d’être emportés dans le tourbillon d’une danse folle, avant de disparaître un jour lointain, petit à petit épuisés par cet incessant va-et-vient.
Envoûté par ce rythme perpétuel et cette danse immobile, l’homme rêve parfois devant la mer d’être son cavalier pour un avenir inconnu.
Et lorsqu’il s’arrachera à sa contemplation, le chant de la mer le suivra longtemps à l’intérieur des terres, écho des origines et rappel nostalgique des occasions perdues.
Paul Obraska