Pour aller à l’école et en revenir on offre aux enfants des petites classes des sacs à dos bien remplis et bien lourds, histoire de redresser leur colonne vertébrale dans le mauvais sens, à moins que ce soit pour les empêcher de courir dans la rue ou leur faire prendre conscience que le savoir est une chose lourde à porter.
Lorsqu’ils deviennent adolescents, c’est le sommeil qui est attaqué. C’est ce que révèlent les premiers résultats sur le sommeil de l’enquête HBSC[1]réalisée auprès de 9 251 collégiens âgés de 11 à 15 ans.
Alors qu’ils ont besoin d’un temps de sommeil plus long que les adultes, entre 11 et 15 ans, les adolescents perdent chaque année 20 à 30 minutes de sommeil quotidien en moyenne, les veilles de journées de classe. Les jeunes de 15 ans dorment donc 1 h30 de moins que ceux de 11 ans. Un quart des jeunes de 15 ans dépasserait le seuil de privation chronique de sommeil qui est considéré comme sévère à partir de 7 heures de manque de sommeil, ce qui est susceptible de favoriser les troubles de l’humeur ou du comportement, l’hypertension artérielle ou encore l’obésité. Il entraîne un risque accru de morbidité.
Le compte-rendu des premiers résultats de cette enquête n’aborde pas les causes éventuelles de ce déficit de sommeil chez les adolescents. Pour ma part, j’en vois deux possibles :
La première tiendrait aux adolescents eux-mêmes irrésistiblement attirés par cette machine à jouer et à communiquer qui trône dans la plupart des chaumières (et dont nous sommes également victimes) et assez souvent proche de leur lit.
La deuxième, me semble-t-il, est la pression scolaire. Les programmes deviennent pléthoriques et les horaires aberrants (un de mes petit-fils doit se lever à 6h1/2 pour des cours qui commencent à 8H et qui peuvent se terminer à 18h) et je ne suis pas certain que l’on apprenne à ces adolescents des connaissances toujours indispensables.
[1]Health Behaviour in School-aged Children, enquête réalisée par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), le Service médical du rectorat de Toulouse et l’Institut national du sommeil et de la vigilance (Insv).