« C'était une visite surprise, loin des caméras et des journalistes. Le pape François s'est rendu en fin de semaine dernière dans un établissement pour patients en état végétatif et dans une résidence de personnes âgées, dans la banlieue de Rome. Une manière de redire l'attachement du pape François aux soins palliatifs et son opposition à l'euthanasie. »
« Face à la culture du déchet, François a voulu montrer la grande importance et le prix qu'il accorde aux personnes âgées, aux grands-parents, et la valeur et la dignité de la vie dans toute situation », a précisé le communiqué du Vatican. (AFP).
C’est bien que les caméras et les journalistes n’aient pas pénétré avec le pape dans ces mouroirs, le contraire aurait été indigne. Mais, bien sûr, s’agissant du pape cette démarche n’est pas passée inaperçue, et le communiqué du Vatican lui donne un écho qui dénote une volonté de communication.
Ce « face à la culture du déchet » me met mal à l’aise. Je ne sais pas trop ce que le communiqué du Vatican voulait entendre par cette expression. S’agissait-il d’insinuer que pour la société actuelle les malades en état végétatif ou les personnes âgées sont des déchets ? Je ne pense pas que les équipes soignantes, qu’elles soient catholiques ou pas, et qui se dévouent pour eux les considèrent comme tels.
« La valeur et la dignité de la vie dans toute situation ». Curieuse affirmation, la vie n’a aucune dignité en soi, sinon il faudrait accorder une dignité à toute forme de vie, du moustique à l’herbe, et la respecter. Et s’il est sous-entendu qu’il s’agit de la vie humaine, là encore, si elle a évidemment de la valeur pour les gens civilisés, elle n’a aucune dignité en elle-même. C’est la personne qui a une dignité, à tel point que même morte elle continue à être respectée puisque la profanation d’une tombe heurte pratiquement toutes les sociétés et ce, depuis la nuit des temps.
Pour les partisans de l’euthanasie, l’argument principal est justement la préservation de la dignité de la personne lorsque la vie persiste alors que la personne n’est qu'apparence (mais en aucun cas ne devient un déchet pour ceux qui l’entourent) ou ne veut plus être dans l’état où elle se trouve.